Les montagnes liquides de Dave Sandford

Ces paysages de lacs sauvages et majestueux ont été sélectionnés comme finalistes dans la catégorie Open des Magnum Photography Awards 2016.

J’ai choisi de me concentrer sur le lac Érié à une période de l’année où les Grands Lacs agissent souvent davantage comme des océans que comme des lacs. Avec les journées chaudes et ensoleillées de l’été derrière nous, c’est durant les journées les plus sombres, les plus froides et les plus venteuses de l’automne que les Grands Lacs se transforment en étendues d’eau terriblement sauvages et dangereuses.

Des masses d’air froid et arctique poussent vers le sud et entrent en collision avec l’air plus chaud au-dessus des lacs. Cela crée les conditions idéales pour des tempêtes de vent violentes. Ces conditions sont souvent appelées “The Gales of November” (« les coups de vent de novembre » en français N.D.L.R.) ou”The Witch of November.” (« la sorcière de novembre » en français N.D.L.R.)

Les vagues à cette période de l’année peuvent être une démonstration étonnante du pouvoir de Dame Nature et le rêve d’un photographe. Je peux décrire la scène comme une machine à laver géante. Il n’ y a pas de motif dans les vagues: elles se déplacent et explosent de façon imprévisible, se heurtent souvent les unes contre les autres et provoquent des explosions spectaculaires d’eau. Avec des vents atteignant des vitesses de 70 mi/h (catégorie 1 sur l’échelle des ouragans), ces vents puissants génèrent des vagues qui atteignent des hauteurs de 20′ -30′ (6 à 9 mètres N.D.L.R)

Ces mouvements d’eau sont assez grands et puissants pour envoyer des navires de charge océaniques dans une tombe immergée au fond des lacs.

Il est souvent difficile de saisir ces brefs moments dans le temps, mais c’est un défi apprécié. Je dois anticiper; si j’essaie de réagir, le moment est déjà passé. Avec des températures de l’eau juste au-dessus du point de congélation et une température de l’air qui n’est pas beaucoup plus élevée, les conditions ne sont pas faciles. Le sable se fracasse dans l’air comme un sablier géant pointé droit sur moi. Les vagues viennent de n’importe quelle direction et sans avertissement.

Je dois non seulement m’équiper avec l’équipement approprié, mais je dois aussi être mentalement préparé pour cette bataille à main nue. En quittant la maison à 4h30 du matin et en revenant 8-10 heures plus tard, je suis exposé aux intempéries toute la journée. Mais la force de l’esprit contre la matière est un élément majeur dans le processus. Si je ne suis pas dans le bon état d’esprit, les éléments peuvent me battre.

Malgré tout, en travaillant dur, j’ai réussi à obtenir des prises de vues uniques des vagues. Les résultats finaux en valent la peine.

—Dave Sandford

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