Alexandre Bordereau : la photographie au service de l’image

Alexandre Bordereau est un tout jeune photographe autodidacte. Très présent sur le web sous le pseudonyme aRe-y0u-In, nous avons profité d’un moment pour lui parler de son travail basé sur des concepts originaux et très personnels. Entre effacement de l’identité et affrontement de l’inconnu, les œuvres d’Alexandre Bordereau provoque chez le public un mélange d’amusement et de questionnement.

portrait-perso-alexandre-bordereau

Alexandre Bordereau est un tout jeune photographe autodidacte. Très présent sur le web sous le pseudonyme aRe-y0u-In, nous avons profité d’un moment pour lui parler de son travail basé sur des concepts originaux et très personnels. Entre effacement de l’identité et affrontement de l’inconnu, les œuvres d’Alexandre Bordereau provoque chez le public un mélange d’amusement et de questionnement.

BW portrait serie 3 - alexandre bordereau

B&W Portrait serie III

Vous êtes autodidacte et avez une formation en informatique. Quelle est l’influence de ce parcours atypique dans votre photographie ? Aucune, l’informatique pure et dure n’a jamais influencé mes photos, par contre, l’informatique côté graphisme (logiciels de retouche etc. …) a une grande responsabilité dans ma manière de faire des photos. D’ailleurs on devrait plutôt parler d’image que de photo je pense, car je ne peux pas me passer de retoucher mes photos. La retouche est en partie la chose que je préfère.

BW portrait serie 5 - alexandre bordereau

B&W Portrait serie V

Quel(s) sens mettez-vous dans le mot « image » ? En effet, pour beaucoup de personnes, une photographie est une image et vice-versa. Une photographie a pour objectif de nous montrer la réalité, tandis qu’une image peut avoir la faculté de nous montrer des pensées, des choses qui ne sont pas réelles. Et comme je réalise plus souvent des choses qui n’existent pas, ou que je modifie énormément la réalité, je préfère parler d’image. Du coup mon processus de création se rapproche plus de la peinture et du dessin car ce sont des images uniques.

The sadness in me  - alexandre bordereau

The sadness in me

Vous laissez une grande place à l’édition dans vos photographies. Comment procédez-vous ? Est-ce que vous vous considérez plus comme metteur en scène ou monteur ? Tout d’abord, je note les idées qui me passent par la tète, je les décris en une simple phrase, puis je fais un croquis, histoire de conserver l’idée si jamais je n’ai pas envie de la réaliser de suite. Ensuite je prends les photos, ça me prend environ 5 à 10 minutes, et là vient la phase de retouche qui elle peut prendre de quelques minutes à quelques heures, voir quelques jours. Tout dépend de ma capacité à obtenir le résultat que je souhaite. Par exemple le temps moyen passé pour une image de la série « Oh my head » est de 8h. Si on compare le temps passé pour réfléchir à une image et le temps pour la réaliser, on peut dire que je me situe plus du côté du monteur, mais la mise en scène à tout de même une grande importance dans mon processus de création.

drip it - alexandre bordereau

Dript it!

Vous dites ne pas vouloir faire de série pour garder une originalité dans vos travaux. Vous gardez cependant un thème assez récurrent ; celui de l’identité. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi la plupart de vos photographies « effacent » le visage du modèle ?

En photographie, et même dans tout autre type d’art, le portrait et sûrement la technique qui est la plus répandue, du coup je me suis posé la question : pourquoi ne pas supprimer les visages, tout en remplaçant ses expressions, ce qu’il exprime, par autre chose ? Quelque chose qui pourrait représenter un sentiment, un état d’esprit, ou tout simplement rien d’autre qu’un simple remplacement de visage visant à faire sourire le spectateur. Mais la toute première raison pour laquelle j’ai supprimé un visage est que je voulais faire un portrait mais que l’on ne me reconnaisse pas, je ne voulais pas mettre ma tête sur internet, et ensuite je dois avouer que par manque de modèle, l’effacement du visage fût la meilleure des solutions.

graph it - alexandre bordereau

Graph it!

Dans votre thème « Identity », la tête du modèle est remplacée par un nuage. Quelle est la signification de ce dernier ?

La série doit encore évoluer, je pense que je peux pousser encore plus loin le concept. Le nuage est sensé représenter la solitude, la tristesse, au première abord ce n’est pas ce qui en ressort pour l’instant.

Identity 2 - alexandre bordereau

Identity II

Identity 5 - alexandre bordereau

Identity V

Identity 8 - alexandre bordereau

Identity VIII

Savez-vous déjà vers quoi vous voulez évoluer pour cette série ? Comment vous voulez « pousser le concept » ? Je dois trouver des endroits qui mettraient mon personnage en valeur, je dois sûrement donner une posture à ce personnage pour que la mise en scène soit un peu plus vivante, et je dois aussi retravailler le nuage, pour qu’il ait une raison d’exister.

the unknown 6 copie

The Unknown VI

Après le thème « Oh My Head ! » et « Identity », vous vous êtes intéressé à l’inconnu avec « The Unknown ». Qu’est-ce qu’est l’inconnu symbolisé par cet homme-ombre ? Le futur ? L’autre ? Avez-vous peur de l’inconnu ou plutôt de l’imprévu dans la photographie ? Cette série représente principalement la peur de l’autre, dans le noir, c’est une peur personnelle, la peur de ne pas savoir qui on va pouvoir rencontrer dans une rue ou un lieu sombre. J’ai voulu retranscrire cette peur dans des lieux très graphique et où la lumière (plus ou moins « photoshopée ») a son importance.

the unknown 10 - alexandre bordereau

The Unknown X

the unknown 5 - alexandre bordereau

The Unknown V

the unknown 3 - alexandre bordereau

The Unknown III