Rencontre avec Damien D. Richard, jeune auteur-réalisateur à l’imagination débordante

Des courts-métrages à l’esthétique léchées, des GIFs colorés, des campagnes de pubs… Damien D. Richard est un jeune réalisateur que rien ne semble pouvoir arrêter. Nous avons parlé avec lui de son parcours, de ses projets et de ses inspirations…

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! Je m’appelle Damien D. Richard, je suis parisien et comme un bon tier de la capitale je souhaite faire du cinéma ! LE VRAI

Quel est ton parcours ?

Pour résumer, quand j’étais au collège j’ai bouffé du film à peu près tous les jours grâce à mes parents qui ont toujours poussé ma curiosité.
Ensuite, j’ai eu la chance d’avoir une option audiovisuelle au lycée. J’avais 5 heures de cours par semaine et ça fait partie des meilleurs souvenirs de cette période de ma vie ! À la fac j’ai déchanté : il n’y avait que de la théorie et quasiment aucune pratique ce qui ne me correspondait pas du tout.
J’ai donc commencé à acheter mon matos puis j’ai fait de petits courts métrages avec les copains. En même temps je travaillais comme stagiaire en boite de production où j’ai abordé – avec horreur au début puis reconnaissance – l’administratif des fiches de payes ainsi que l’univers de la télévision.

« Il y a beaucoup de coups durs quand tu débutes (et même quand tu réussis j’en suis sûr) mais je crois que le plus gros défi pour moi c’est la patience. »

A la fin de mon parcours universitaire, j’avais bossé un peu par-ci par-là : de la capta pour l’Ethical Fashion Show, du spot web pour les éditions Casterman, un documentaire sur le lowbrow… J’ai donc été recruté pour devenir assistant de rédaction / vidéaste à la merveilleuse revue d’art HEY ! modern art & pop culture ! Là, on peut dire que j’ai fait mes premières armes en apprenant à travailler en équipe. Mais peut-être que le plus important est que c’est ici que j’ai compris ce que signifiait qu’être « indépendant », ce qui est un sacré engagement mine de rien…

Image tirée du clip de Fyrkat ©Damien D.Richard

Mais au bout de deux ans dans le monde de l’art pictural, j’ai décidé de reprendre mes études en découvrant qu’une super école venait d’être créée au sein de la Cité du Cinéma : l’École de la Cité.
Une grande école sans condition de diplôme mais qui sélectionnait sur concours. J’avais une peur bleue de ce genre de compétition, surtout depuis que j’avais raté la Femis dès le premier tour, mais j’ai pris mon courage à deux mains et tenté celui de la Cité deux fois !

Finalement, on m’a reçu dans la section scénario et ça a été deux ans formidables ! Et puis ce fut le début de projets de plus en plus concrets pour moi. J’ai même été le directeur artistique, réalisateur et scénariste de la campagne nationale publicitaire Clairefontaine en 2015 ! J’ai maintenant mon diplôme en poche depuis un an et entre court-métrage en festoche internationaux et clips pour de chouettes artistes, j’ai fait la rencontre d’un grand monsieur du cinéma avec qui je travaille aujourd’hui.

« Certains projets mettent une vie entière à pouvoir exister. Il faut être conscient de ça… Et ne jamais lâcher l’affaire ! »

Comment a commencé ta passion pour le cinéma ?

Terminator ! Aliens !! Jurassik Park !!! J’avais à peu près six ans quand je les ai vu la première fois et ça a été une vraie claque ! Depuis, l’envie de mettre des histoires en image ne m’a jamais quittée !

Quels ont été tes plus gros défis en tant que jeune réalisateur ?

Il y a beaucoup de coups durs quand tu débutes (et même quand tu réussis j’en suis sûr) mais je crois que le plus gros défis pour moi c’est la patience. Surmonter cette attente propre au cinéma (ou la vidéo) qui est un vecteur créatif et artistique qui demande nécessairement, en plus de tout le reste, un budget conséquent. Pas exorbitant mais nécessaire.
Le cinéma est censé vendre du rêve et cela ne peut se faire sans moyens. Ce qui peut être très frustrant quand on a plein d’idées dans la tête mais qu’on ne peut pas les concrétiser tout de suite. Certains projets mettent une vie entière à pouvoir exister. Il faut être conscient de ça… Et ne jamais lâcher l’affaire !

« […] ce qui m’inspire en ce moment c’est la techno. Plus particulièrement l’Acid Techno. »

 

Tu as fait des courts-métrages, des GIFs, des clips… Quel médium te permet de t’exprimer le plus librement ?

Tous les formats sont des supports créatifs au potentiel hallucinant… Par exemple, quand j’ai co-crée avec l’artiste numérique Léon Denise une série de 7 Gifs pour Nike dans le cadre des 30 ans de Air Max, nous avons exploité une narration basée sur le principe de la boucle en infini. C’est une articulation proprement impossible à exploiter en dehors de ce cadre créatif ! Cette variété dans le médium de l’image est formidable. Mais mon premier amour est le cinéma. Je dirais donc la fiction.

©Damien D. Richard / Vikram Gounassegarin

Damien D.Richard

« […] l’important dans la vie c’est de ne pas avoir de regrets alors allez jusqu’au bout de vos rêves quitte à vous prendre un mur. »

Tu as une esthétique déjà très marquée. Quelles sont tes inspirations ?

Ça peu paraître un peu bizarre mais, par peur d’être trop influencé et de perdre en identité, je ne souhaite pas m’inspirer du cinéma ou de la photo même si je dévore régulièrement ces arts.
Beaucoup de choses m’inspirent : Les années 20 à 50, l’art nouveau, les peintures Flamande et Italienne de la Renaissance, Rodin, tous les arts que l’on dit « premiers » qu’on peut voir au Musée du quai Branly… Et puis coté pop culture, je suis un grand fan de manga japonais des années 80 et de comics des années 90 ! Cette culture contient des œuvres complétements hallucinantes qui me fascine encore aujourd’hui.
Mais surtout ce qui m’inspire en ce moment c’est la techno. Plus particulièrement l’Acid Techno.

image tirée du court-métrage SANDBOX

Si tu ne pouvais regarder qu’un film jusqu’à la fin de ta vie, ce serait lequel ?

Sûrement pas un des miens en tout cas ! Ce ne serait pas un film mais plutôt une série : Friends 

Selon toi, quelles sont les qualités essentielles pour être réalisateur ?

Selon moi, la liste est longue mais pour n’en citer que trois : avoir du charisme (un minimum), savoir bien s’entourer (très important), et du talent (optionnel malheureusement).

« […] mon prochain court-métrage […] va parler d’amour, d’amitié et de super pouvoirs. »

Un conseil à ceux qui souhaiteraient se lancer ?

À mon sens, l’important dans la vie c’est de ne pas avoir de regrets alors allez jusqu’au bout de vos rêves quitte à vous prendre un mur.
Et surtout, soyez productifs ! C’est comme ça qu’on apprend le mieux.

J’imagine que tu as des projets sur le feu. Tu peux nous en parler ?

Il y a pas mal de chose : je bosse sur un jeu vidéo en 360°, des digitales séries, une plate-forme multimédias… Mais comme je vous l’ai dit un peu plus haut, j’ai l’honneur et la chance de pouvoir travailler avec un grand monsieur du cinéma. Eh bien, c’est un scénario de long-métrage qui j’espère parviendra dans les salles obscures le plus rapidement possible !
Sinon je suis en train de développer mon prochain court-métrage qui va parler d’amour, d’amitié et de super pouvoirs.
Et pour conclure, à un stade encore embryonnaire, je suis sur l’écriture de, ce qui j’espère va être, mon premier long-métrage. Je vous dis la thématique ? Un conte sur la dignité de la vie doublé d’une fable écologique.

 

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