Grant James-Thomas, photographe de mode et aventurier

Ayant grandi dans la campagne Galloise, c’est depuis son plus jeune âge que Grant James-Thomas entretient un lien particulier avec la nature. Son amour de la nature se reflète dans ses images, où la beauté des vêtements haute couture se mêle à celle des paysages sauvages.
Sa soif d’aventure a mené Grant aux quatre coins du monde et a nourri sa photographie, la rendant plus « brute », plus honnête.
Nous avons cherché à en savoir plus sur ce jeune prodige de la photographie que rien ne semble pouvoir arrêter.

Salut Grant, peux-tu te présenter brièvement ?

Je m’appelle Grant James-Thomas, je suis un photographe basé au Royaume-Uni, je vis actuellement au Pays de Galles dans une ferme. Je me spécialise dans la photographie de mode et de voyage, et au cours des 10 dernières années, j’ai eu la chance de voyager dans les plus belles régions du monde pour des magazines et marques diverses.

©Grant James-Thomas

Comment ta passion pour la photographie a-t-elle commencé ?

Je suis sûr qu’il y a eu beaucoup de facteurs différents qui ont contribué à mon entrée dans la photographie. Mon narcissisme égocentrique pour documenter et préserver le monde qui m’entoure est sans doute une des raisons. Je me souviens d’avoir été intéressé par les appareils photo dès mon plus jeune âge, peut-être dès l’âge de 7 ans.

« […] j’ai acheté un appareil haut de gamme quand j’ai vendu mon cheval, à l’âge de 16 ans. »

Je me souviens d’avoir regardé dans le catalogue Argos pour trouver des idées de cadeaux d’anniversaire et de Noël et j’ai toujours été attiré par les appareils photo, peut-être parce que c’était les choses les plus chères dans le catalogue. Mais j’ai acheté un appareil haut de gamme quand j’ai vendu mon cheval, à l’âge de 16 ans.

©Grant James-Thomas

Qu’est-ce qui t’a conduit à la photographie de mode ?

Je ne suis pas sûr exactement, je pense que c’était la seule progression évidente qui n’était pas la photographie « de petite ville », les portraits ou les mariages, etc.

« L’appareil photo donne du sens à l’aventure […] »

Nous voyons beaucoup de superbes paysages sauvages dans tes images. Quel genre de lien as-tu avec la nature ?

J’ai un amour profond pour la nature. D’où je viens est très isolé et très beau donc cet amour s’est installé en moi dès mon plus jeune âge.

©Grant James-Thomas

Certaines de tes images m’ont fait penser à des portraits documentaires. Est-ce quelque chose qui t’intéresse ?

Oui, je m’intéresse vraiment à la photographie documentaire. J’ai passé un an en Inde à la pratiquer et j’ai adoré ce processus. L’appareil photo donne du sens à l’aventure; vous pouvez aller n’importe où et faire n’importe quoi juste pour le bénéfice de l’appareil. Se promener dans des petites rues au hasard, se perdre pendant des heures dans des bidonvilles et parler à tout le monde.

« […] en Occident, je me sens trop connecté pour être un observateur […] »

Je ne ressens pas la même chose en Occident, je me sens trop connecté pour être un observateur et je ne pense pas que les gens d’ici prennent plaisir à être photographié. J’ai découvert qu’en Asie, il y a une toute autre relation avec la photographie. Par exemple, si vous demandez à prendre une photo d’un étranger, ils se feront un plaisir de le faire, mais dès que vous pointez l’appareil vers eux, vous recevez le regard le plus impassible et sérieux, qui se transforme ensuite en un sourire dès que vous prenez la photo.

©Grant James-Thomas

Quel est ton processus créatif, comment te vient l’idée d’un shooting ?

Ah, c’est toujours si différent, le trajet vers un shooting peut être très varié. Comment une idée te vient à l’esprit ? Peut-être quelque chose d’inspirant comme un livre ou un film. Parfois, cela vient d’Instagram ou d’un rêve, et parfois nous ne faisons que copier quelque chose que nous avons vu sur Instagram et en essayant de faire mieux.

« Je veux vraiment faire quelque chose qui m’est propre et qui est moins influencé par les autres […] »

Je pense que beaucoup de gens ne font que ce dernier inconsciemment et c’est un énorme problème pour les créateurs d’aujourd’hui : leur besoin inné de faire référence aux mêmes personnes et aux mêmes tendances. J’en suis parfois victime et je déteste tellement ça. Je veux vraiment faire quelque chose qui m’est propre et qui est moins influencé par les autres, mais c’est parfois impossible à accomplir quand beaucoup de vos influences sont inconscientes.

©Grant James-Thomas

Que souhaites-tu communiquer à travers tes images ?

Pendant longtemps, j’ai simplement voulu créer des choses belles, mais l’année dernière, j’ai réalisé à quel point cette tâche était vide de sens. Je travaille actuellement sur de nouveaux concepts et projets. Je m’intéresse aux contrastes : en ce moment, je m’intéresse vraiment au contraste entre le luxe et la vulgarité. Je pense que ce sont des choses qui vont de pair.

« Je veux que mes photos soient honnêtes maintenant, pas ennuyeuses et jolies. »

J’ai passé beaucoup de temps à lire sur la psychologie et la neuropsychologie et j’aimerais bien l’inclure davantage dans mon travail, mais je ne sais pas trop comment le faire pour l’instant… J’aime vraiment prendre des photos en public aussi, et toute l’énergie spontanée que vous obtenez dans les photos, les réactions et l’énergie sincère, cette combinaison d’une photo délibérée et planifiée dans le monde réel. J’aime écrire de la poésie et l’écrire dans mes images aussi. Je veux que mes photos soient honnêtes maintenant, pas ennuyeuses et jolies.

©Grant James-Thomas

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

C’est toujours difficile de répondre à cette question, mais je suppose que c’est ma propre expérience du monde.

« Aujourd’hui, les gens ne sont pas impressionnés par un jeune photographe qui peut faire de beaux portraits […] »

Quel type de matériel utilises-tu ?

J’utilise différents appareils photo…. moyen format, 35mm, SLR numérique, parfois mon téléphone…

©Grant James-Thomas

Quel conseil donnerais-tu à un jeune photographe ?

Mon conseil serait de commencer le plus tôt possible, car les gens présument que votre travail est meilleur qu’il ne l’est. Cela m’est arrivé quand j’ai commencé à un si jeune âge et ma carrière a semblé faire boule de neige, mais je pense qu’il y a dix ans, c’était un monde complètement différent. Aujourd’hui, les gens ne sont pas impressionnés par un jeune photographe qui peut faire de beaux portraits, parce qu’il y a des centaines de jeunes photographes qui font ça, maintenant ils sont blasés.

« […] mon conseil serait de ne pas regarder les images que d’autres dans vos sphères créent. »

Dans le monde d’aujourd’hui, pour réussir, il faut aller à contre-courant et faire quelque chose de différent. Utilisez instagram pour montrer votre propre travail, mais mon conseil serait de ne pas regarder les images que d’autres dans vos sphères créent. Trouvez ce que vous aimez, ce qui est unique pour vous et partez de là, renseignez-vous aussi sur les grands de jadis.