Autoradiographies

La radioactivité en lumière

Depuis l’incident de Fukushima, en mars 2011, la radioactivité est devenu un cas d’anxiété national au Japon. Une inquiétude compréhensible, tant ce poison est indétectable, inodore, incolore, et pourtant ravageur sur la santé.

Le photographe japonais Masamichi Kagaya a souhaité mettre en lumière cette présence ; les images de sa série Autoradiographie révèlent les traces radioactives laissées sur des objets du quotidien, sur le minéral, mais également sur le vivant.

 

 

Avec ce projet, le photographe souhaite oeuvrer à un avenir meilleur, et tient un propos quelque peu utopique : « Avec cet ensemble d’autoradiographies, j’espère que les générations futures laisseront derrière elles notre société dépendante de l’énergie nucléaire, et seront dispensées des accidents et des déchets nucléaires ».

Il résulte de ce projet, des images à l’intrigante beauté, et à l’allure cosmique ; certains des motifs évoquant des constellations d’étoiles, d’autres la surface criblée de notre lune…

Pour réaliser ses autoradiographies, Masamichi Kagaya mis au point avec Satoshi Mori, professeur émérite de l’université de Tokyo, un étonnant procédé de visualisation des retombées radioactives. Car si jusqu’à présent on pouvait mesurer le niveau de la radioactivité dans l’air, on ne pouvait pas savoir « comment les particules radioactives sont distribuées, où elles se concentrent dans les villes, les lacs, les forêts et sur les créatures vivantes ». ¹

Un procédé relativement simple à mettre en place, puisqu’il suffit de placer un échantillon sur une plaque sensible à la radioactivité (développée en 1987 par Fujifilm Industries et Kasei Optics) durant une période donnée, puis de la « révéler » par un dispositif qui permet de rendre progressivement visible la répartition des substances radioactives. ¹

La série Autoradiographie – Les effets du Dieu Nucléaire est à découvrir à la Galerie Spéos jusqu’au 8 janvier 2018.

  1. Source : Fisheye Magazine