Rencontre avec Aurélie Gosset, photographe de l’intime.

Aurélie est une jeune photographe passionnée de 26 ans. Ses images sont d’une pureté  qui contraste avec ce que nos yeux sont habitués à voir chaque jour. Elle sublime le quotidien en y ajoutant de la poésie, du silence.

Majoritairement monochrome, le travail d’Aurélie questionne avec douceur le rapport au corps et au souvenir…

Comment t’es venu ta passion pour la photographie ?

De façon assez banal et en même temps très symbolique. Durant mon enfance je voyais ma mère avec son boîtier reflex argentique capter nos voyages et nos moindres faits et gestes. À l’époque je ne m’en rendais pas compte mais ça à influencer mes choix futurs en me menant naturellement vers l’image.

©Aurélie Gosset

« Lorsque je photographie des corps c’est souvent mon modèle qui influence mes choix esthétiques »

Quels sont les artistes qui t’inspirent le plus ?

J’ai une passion infinie pour le travail de Sarah Moon, sa façon de conter des histoires et de nous emporter dans son univers me fascine. Avec ces images on vit une vraie expérience photographique, l’image réalisée avec un reflex est tirée puis re-photographiée à la chambre, tirée de nouveau sous agrandisseur et connaît tellement d’altérations que l’image finale devient un objet de collection absolument intriguant.

Je pense aussi aux natures mortes de Tony Catani, aux corps voluptueux de Masao Yamamoto, aux images graphiques de Vivian Sassen qui renversent les lignes d’horizons et à tant d’autres.
Les corps peints par Klimt et Ingres m’inspirent aussi beaucoup.

©Aurélie Gosset

Ton travail semble assez porté sur le corps et ses formes. Que souhaites-tu transmettre à travers tes photos ?

Lorsque je photographie des corps c’est souvent mon modèle qui influence mes choix esthétiques. J’ai toujours été passionnée par la danse, photographier des corps est venu assez naturellement. Je crois que la beauté des courbes et l’infinité des possibilités qu’elles offrent me fascine. Du coup je dirais que je cherche simplement à dévoiler sa beauté et à le sublimer.

©Aurélie Gosset

Quel est ton processus créatif ?

J’ai d’abord abordé l’expérience photographique à travers une certaine spontanéité, du coup je voyageais et je photographiais des lieux, des ambiances, sur le vif. Je capturais des images, sans vraiment me préoccuper d’autre chose que de la forme. C’est beaucoup plus récemment que j’ai compris la force d’un travail plus réfléchis et que j’ai fais la différence entre prendre une photo et faire une photo.

Avec cette vision neuve j’ai réalisé une série nommée « Réminiscence » qui traite de mémoire et d’oubli. C’est une tout autre expérience, à vivre sur le long terme.

 

« C’est tellement éprouvant de travailler autour de son image et de ses états d’âmes au quotidien. »

 

©Aurélie Gosset

Un de tes projets étaient de faire un autoportrait par jour pendant un an. Qu’est-ce qui t’as poussé à te lancer dans un si grand projet ?

L’autoportrait m’a toujours intrigué, je trouvais l’expérience folle et sans limites mais je n’avais jamais eu l’audace de m’y mettre. J’ai eu l’occasion de partir à Prague lors d’un stage photo, j’ai fais mes premiers autoportraits que j’ai réunie dans une petite édition cousue main.

Alors quelque chose s’est débloqué et un jour je me suis dis pourquoi pas me lancer un défi : « Un autoportrait par jour pendant 365 jours », un projet fou, que j’ai abandonné en cours de route. C’est tellement éprouvant de travailler autour de son image et de ses états d’âmes au quotidien. Je m’y remettrai peut-être un jour…

 

« Quoi qu’il en soit on affectionne tous un type de sujet ou on adopte une certaine esthétique qui se retrouve à long terme »

 

©Aurélie Gosset

Quels conseils donnerais-tu aux photographes qui ont du mal à travailler en série ?

Il me semble qu’il faut choisir un fil rouge et le suivre du mieux qu’on le peut. Quoi qu’il en soit on affectionne tous un type de sujet ou on adopte une certaine esthétique qui se retrouve à long terme sur plusieurs de nos images. Le plus difficile c’est de réussir à les pointer du doigt et à leur trouver ce point commun qui fait qu’elles forment un tout cohérent.

C’est un bel exercice le travail sériel. Il y a une vraie intensité à voir les images s’accorder les unes avec les autres et former un tout.

Laquelle de tes images te représente le plus selon toi ? (réponse en photo + explications)

C’est une question très difficile ! Je ne cesse d’être à la recherche de ma signature photographique.

Mais ce serait peut-être quelque chose comme ça : Un autoportrait discret et épuré.

©Aurélie Gosset

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