Plisson, une vague de passion

Tout débute à Orléans pour Philip qui y naît le 17 janvier 1947. À l’âge de 4 ans, il découvre la voile à bord d’un dériveur et la photographie. C’est à La Trinité-sur-Mer qu’il met en pratique ses savoirs. Deux loisirs devenus une passion par la suite : « Je photographie pour naviguer et navigue pour photographier ». Il reçoit en cadeau, lors de sa première communion, un Ultra-Flex qui sera son premier appareil avec lequel il réalise ses premières photos sur le thème de la mer. Devenu adolescent et après l’obtention d’un CAP d’électricien, il décide de faire le tour du monde pendant deux ans. Un goût de l’aventure qu’il traduira par le biais de nombreuses photos. Traversant les pays, il forge ses premières armes et découvre de nombreuses cultures auxquelles il rendra honneur par la suite. Au retour de son expédition, Philip rencontre sa future épouse prénommée Marie-Brigitte. Leur union donnera naissance à trois enfants.

Je photographie pour naviguer et navigue pour photographier

Un capitaine et son équipage

À l’âge de 27 ans Philip Plisson se spécialise professionnellement dans la photographie et la production de reportage sur le monde de la mer et de la voile. « La photographie est un métier fait de 20 pourcent de don et de 80 pourcent de travail, il faut savoir surprendre, être là où on ne nous attend pas. Il est essentiel d’avoir l’œil tout comme le musicien à l’oreille, il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton. » Par la suite, il créera sa propre entreprise à La Trinité-Sur-Mer puis s’installera dans la commune voisine de Crac’h. « Mon entreprise est en quelques sortes mon bateau, J’ai donc embarqué pour une grande aventure à bord d’un navire que j’ai appelé Pêcheur d’Images, une société d’éditions qui avait pour objectif de produire et distribuer ses photos de mer. »

Un capitaine qui n’oublie pas son équipage: « Devant un succès de plus en plus important, j’ai convié à bord quelques amis photographes pour partager avec le plus grand nombre le savoir faire de tous ces capteurs d’émotions. » Le navire amiral « Plisson – Pêcheur d’Images » a compté jusqu’à 37 collaborateurs et est devenue une société pour laquelle Philip Plisson c’est toujours investi. « Dans ma pêche photographique, des images me sont plus chères que d’autres car elles portent un poids de tendresse, de poésie, de violence et de rêve. » La volonté de Philip Plisson est de partager avec qui le souhaitera le regard des yeux mais aussi celui du cœur au travers de sa galerie photo.

Par le biais de ses créations, Plisson vous invite à rencontrer la mer, et la photographie,  » deux  passions qui ont fait de moi ce que je suis…  » Un bonheur qui connaît un jour funeste le 19 septembre 2009, où le navire sombra en quelques heures, ravagé par un incendie. Une grande partie des argentiques du meuble Kardex, qui contenait entre 700 000 et 900 000 clichés de Philip et de Guillaume est parti en fumée. Un capitaine touché mais pas coulé. Certes des dizaines d’années de travail ont été détruites, mais la passion n’a pas cédé à la violence des flammes. Ainsi, Philip Plisson a su reprendre le cap et redonner de l’allant à une équipe diminuée mais unie face à cet événement dramatique. Désormais l’entreprise Pêcheur d’Images travaille à la demande.

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Un homme engagé

Philip Plisson est un fervent défenseur de la mer. Il participe, notamment à Bruxelles lors des réunions de l’Union européenne, à  des conférences ou des sommets de défense de la mer. En 1991, Philip Plisson est nommé peintre de la marine. Le titre de peintre de la Marine est accordé par le ministre de la Défense, suite aux propositions du jury du Salon biennal de la Marine. Ce titre ne donne droit à aucune rétribution mais apporte des facilités pour accomplir des missions dans les ports et sur les navires.
Philip Plisson affectionne particulièrement la Bretagne. « Lorsque l’on voyage beaucoup pour exercer ce métier, il faut savoir modifier son regard. Vous changer de registre, vous changer de lumière… Lorsque je reviens en Bretagne, je ressens une nouvelle émotion.  Mes photos de Bretagne racontent toutes une histoire différente. Il est important de changer de lieu pour ne pas se lasser et savoir le redécouvrir. J’ai photographié la Bretagne différemment, je n’ai pas attendu les tempêtes de ciel bleu pour la mettre en avant. Je l’ai photographiée par mauvais temps, dans les vents et dans les grains, c’est tellement plus beau une Bretagne avec ses nuages. Les paysages sont appréciés du grand public. Il s’agit de donner aux gens ce qu’ils désirent » Philip Plisson affectionne particulièrement les photos aériennes qu’il réalise en hélicoptère la plupart du temps. Il a notamment réalisé un cliché de l’Abeille Bourbon.

Une photo, des émotions

« C’est une image qui m’est particulièrement chère, elle clôture 17 ans de vie autour de la mer avec mon équipier et pilote d’hélicoptère. Nous sommes le 31 décembre 2005, il est 10 heures du matin et nous avons rendez-vous avec une vraie tempête au large d’Ouessant. On a illustré le remorqueur l’abeille Bourbon qui surveille le rail, prend en charge les bateaux avant qu’ils ne viennent se fracasser sur la côte. C’est une photo qui me touche beaucoup parce que la nature nous a offert ce spectacle, ce coup de vent pour ce dernier vol. C’est le plus beau cadeau qu’elle pouvait nous faire. Lorsque les photos sont belles, c’est la nature qui permet cela. C’est une équipe plus la nature. Je ne suis pas metteur en scène, j’ai la culture et la passion pour être là où il faut, mais ce n’est pas moi qui fais le spectacle, je me contente de l’arrêter, le reste c’est la nature qui me l’offre. Il faut avoir un peu de modestie, il faut savoir que l’organisation de tout cela c’est le travail de toute une équipe. Je ne me balade jamais avec un appareil photo autour du coup. Je n’aime pas ressembler à un photographe. Parfois j’arrive quelque part sans sortir mon appareil de la journée. Je vais écouter les gens et parler avec eux pour imaginer la photo idéale. »

Pour Philip  Plisson « La vie n’est pas assez longue pour faire tout ce que j’ai envie de faire au-dessus de la mer ».
Gwendal Cosson

Sa galerie photo
Photos de Bretagne