Plateform Magazine : mensuel ambitieux

Plateform est un web-magazine et les acteurs à la rédaction de ce mensuel ont des motivations très proche de celles des rédacteurs de lesphotographes.com. C'est en enquêtant sur cette idée que nous avons rencontré Laurence Guenoun et Carine Lautier, passionnées et dynamiques, ayant des antécédents professionnels très variés autour de la photographie, du journalisme et de l'éclectisme artistique en général. C'est le profil qu'on retrouve pour l'ensemble de l'équipe - une dizaine de personnes "multitaches et multifonctions" avec ces grandes richesses individuelle mise en commun, donne l'énergie et la qualité à ce web-magazine ambitieux et prometteur.

Plateform est un web-magazine et les acteurs à la rédaction de ce mensuel ont des motivations très proche de celles des rédacteurs de lesphotographes.com. C’est en enquêtant sur cette idée que nous avons rencontré Laurence Guenoun et Carine Lautier, passionnées et dynamiques, ayant des antécédents professionnels très variés autour de la photographie, du journalisme et de l’éclectisme artistique en général. C’est le profil qu’on retrouve pour l’ensemble de l’équipe – une dizaine de personnes « multitaches et multifonctions » avec ces grandes richesses individuelle mise en commun, donne l’énergie et la qualité à ce web-magazine ambitieux et prometteur.

Depuis quand avez-vous commencé ce web-magazine ?

Laurence Guenoun : C’est un mensuel, nous en sommes au cinquième numéro et nous avons commencé mi-novembre 2008. L’idée de départ, principale et spontanée était de concevoir un magazine en ligne, autour du monde des artistes. Éric, un ami (en photo sur la couverture du numéro 3) et Marie m’ont encouragée, le soir même je trouvais le nom de « Plateform », tout simplement pour illustrer le but du magazine qui est de faire une plateforme pour les artistes, pour les créateurs. On peut y montrer son travail, et en parler grâce aux petites interviews.

Au départ, c’est la volonté d’une personne ou celle d’un groupe ?

LG : C’est né en partie de mon énergie, et les gens qui travaillent maintenant pour ce magazine proviennent sont des amis. Je les ai réunis en connaissant le travail, les compétences et l’univers de chacun,  très différents à chaque fois.

Donc les gens se sont accordés à votre rythme et à cette énergie de départ ?

LG : Oui, mais rien ne les a obligé à soutenir cette énergie. Il y a des gens qui ont contribué au premier numéro et qui n’ont plus rien fait ensuite ou presque plus rien, mais ce n’est pas grave non plus, nous n’avons aucun financement, nous faisons ça par passion, on ne peut bien sûr pas forcer les gens à travailler. Les gens s’investissent s’ils ont envie. Ceux qui vont rester et ceux qui ont aidé à mettre en place Plateform se sentiront probablement fier d’y avoir participé, c’est aussi simple que ça.

Je n’ai pas exactement « monté une équipe », j’ai proposé à des gens dont j’aimais le travail comme Carine d’être publié et de participer  à l’élaboration du magazine. ce qu’ils avaient envie de faire et ce qu’ils savaient faire. De là, chacun a pris sa place naturellement.

Donc vous, Carine, vous êtes arrivée dans ce contexte…

Carine Lautier : Pour montrer mes photos dans le magazine oui, mais j’ai été enthousiaste de participer à ce projet lorsque Laurence me l’a proposé. J’ai sauté sur l’occasion. Ça faisait longtemps de mon coté que je cherchais a créer des choses mais je ne trouvais pas de gens motivés pour tenter une aventure. J’avais monté une association, Fragment, avec plusieurs personnes, qui avait pour but de croiser des univers. La structure regroupait plusieurs artistes de toutes sortes (photographes, écrivains, architectes, dessinateurs, peintres, poètes…). A chaque cession, chaque membre proposait un thème (ex: tango) et une contrainte (ex: en blanc et bleu)… On réunissait le tout et un thème et une contrainte étaient tirés au sort pour le mois. Mais quand il a été question de fournir un travail je me suis retrouvée toute seule. J’ai du laisser tomber l’idée. Aujourd’hui je travaille sur le magazine Plateform et ça me convient très bien.

LG : C’est vrai que nous avions bien besoin de renfort vu le rythme que nous nous imposons pour ce magazine. Par exemple, le premier numéro s’est mis en place en quinze jours ! La base de ce premier magazine était de montrer le travail de photographes que j’admire sur FlickR, et des sujets que j’avais dans mes cartons en tant que photographe car il fallait aller vite pour respecter cette date limite de quinze jours. Éric a amené des gens comme Louis Bertignac, et nous avons toujours respecté cette idée de fonctionner au coup de cœur, soit partant d’une série de photos, soit du travail, de la création de quelqu’un. A partir de là, nous allons chercher son binôme. Nous avons sept thèmes, sept « doubles visions » et donc quatorze interviews. Le choix des sujet est complètement ouvert et nous pouvons parler de tout ce que nous voulons.

Est-ce que ce n’est pas difficile justement d’être très ouvert ?

LG : Non, on pourrait ne faire que de la photo, mais il y a tellement de choses qui se font déjà sur ce sujet que c’est bien de pouvoir parler de tout.

Mais vous n’avez pas l’impression, dans le monde d’aujourd’hui, d’être submergé par toutes les choses potentiellement intéressantes ?

CL : Jusqu’à maintenant ça nous a paru plutôt simple. Comme nous venons tous d’univers totalement différents nous arrivons a couvrir des sujets très variés. Certaines choses qui ne me plairaient pas forcément d’un premier abord, se trouvent être très bien dans le magazine au final. On fini par croiser des univers vers lesquels nous ne serions pas aller spontanément, c’est très enrichissant, et très égoïste finalement ! On se fait vraiment plaisir.

LG : Il faut bien qu’on s’enrichisse intellectuellement à défaut de s’enrichir tout court !

Pourquoi avoir créé ce support très graphique, stylisé à la manière des magazines de design ou de décoration ?

LG : Là encore, pour la maquette, j’avais au départ dans l’idée de faire quelque chose d’extrêmement simple et de très épuré pour laisser la plus grande place possible à l’image. Chez moi je n’ai pas de magazines, je n’ai que des livres d’art et le fouillis visuel me fatigue. C’est pour ça que je ne lis pas de magazines, il y a trop de choses, c’est trop répétitif.

CL : C’est vrai qu’il y a déjà sept sujets différents, donc il fallait un fond assez neutre pour présenter des choses aussi hétéroclites.

LG : J’ai retravaillé quinze fois la maquette de départ, et je ne suis pas graphiste donc c’était assez difficile. Jusqu’à ce que Sophie, qui elle est graphiste de métier, vienne apporter ses améliorations de professionnelle.

J’entends parler de beaucoup de prénoms de femmes, est-ce qu’on peut dire que c’est un peu un magazine fait par des femmes ?

LG : Pas du tout, il y a aussi des hommes : Mathieu, qui s’occupe du web, Eric et Rodolph qui proposent de temps en temps des sujets. Je n’ai pas la sensation d’évoluer dans un univers très féminin, et les filles qui m’entourent comme Carine, Candice ou Sophie sont là pour leurs talents et non motivées par une démarche de communion  féminine.

Lorsque quelqu’un propose un sujet, comment décidez vous de son existence dans le prochain numéro ?

LG : En général nous faisons des compromis, mais depuis les trois derniers numéros c’est surtout un échange entre Carine et moi. Nous choisissons beaucoup toutes les deux. Ça marche très bien surtout qu’en général nous aimons les mêmes choses pour le magazine, nous tombons souvent d’accord, alors qu’à la base nous n’avons pas forcément les mêmes univers visuels ou les mêmes goûts.
Par contre nous n’avons pas vraiment une problématique de direction artistique pour le magazine, mais plus d’ouverture d’esprit. J’attache beaucoup d’importance au sens et à la construction des choses : je pourrai aimer quelque chose qui ne me séduis pas au premier abord, si c’est une série et si je vois qu’il y a une vraie démarche ou concept derrière.

Aujourd’hui, qu’est ce que vous aimeriez entendre de ce que les gens disent du magazine plateform ?

LG : Que c’est un bon support. Nous aimerions surtout que les gens publiés aient des retombées pour eux. Sinon sur la forme, si les gens veulent en parler entre eux, c’est une plateforme artistique, voila comment le décrire.

CL : Moi ce que j’aimerai, c’est qu’en lisant un de nos numéros, les gens aient appris beaucoup de choses sur les artistes dont nous parlons et qu’ils aient envie d’aller en voir plus. Je ne vois pas ce magazine comme seulement l’occasion de voir des photos, mais vraiment comme la possibilité d’apprendre et de découvrir, avec les interviews à côté qui laissent la possibilité aux artistes de s’exprimer.

LG : Par contre sur les interviews nous avons un parti-pris, c’est de formuler le minimum de questions pour que l’artiste puisse raconter ce qu’il veut. Toutes nos interviews se font par mails et les gens ont le temps de réfléchir à ce qu’ils vont dire.

C’est pas un peu frustrant de ne pas rencontrer les gens ?

LG : Pas du tout.

CL : Pour moi si. Je trouve que c’est tellement intéressant de discuter avec les gens…

LG : Il y a des gens qu’on aurait envie de rencontrer c’est sûr, mais pas tous non plus. Pour ma part je suis assez méfiante et je différencie beaucoup l’homme de l’œuvre, c’est pour cela que je n’y tiens pas plus que ça.

Le support papier, pour ce magazine, c’est un fantasme pour le futur ?

LG : Pas du tout. Nous pourrions faire c’est vrai une compilation une fois par an, éventuellement, mais sinon je ne trouve pas ça écologique du tout, ni international. Là nous avons un média en français qui nous permet de toucher tout le monde, n’importe où… Le magazine papier c’est complètement improbable, on rentre dans une autre démarche, financièrement pour commencer.

Oui, il faut penser revenus avant de penser dépenses…

LG : Exactement.

CL : Par contre nous aimerions bien avoir des lieux d’expositions, présenter des artistes publiés dans le magazine pour qu’ils soient vus par le plus grand nombre.

LG : Et pour cela les sponsors et les partenariats sont les bienvenus.

Propos recueillis par RD

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