L’Atelier du midi, galerie et lieu de vie.

Laurence et Patrick Ruet conjuguent leur habitat avec une très belle galerie photo dans le vieux centre de la ville d'Arles.

Laurence et Patrick Ruet conjuguent leur habitat avec une très belle galerie photo dans le vieux centre de la ville d’Arles. Plus qu’un simple espace d’exposition, c’est un vrai lieu de vie qui offre ses murs aux œuvres de photographes talentueux, éveille la curiosité des passants et séduit les auteurs de tous horizons.

Qui est à l’origine de la galerie L’atelier du midi ?

C’est nous, d’un commun accord. Nous avons décidé cela au cours de l’année 2006. En 2004, nous rentrions d’un séjour de 4 ans sur l’Ile de la Réunion, comme tout le monde nous nous sommes installés dans une maison, nous y avons fait des aménagements, puis la maison étant grande, on s’est dit pourquoi ne pas faire des expositions dans certaines pièces de la maison ?…
Il y avait aussi le désir d’envisager des formes inédites d’expositions et de partenariats, avec des structures ou des associations culturelles, des galeries privées, les services culturels de la ville d’Arles, l’École Nationale Supérieure de la Photographie, l’Institut Universitaire de Provence, l’Éducation Nationale, les Associations de quartier, etc.

Tous les deux, on cumulait des parcours croisés entre arts plastiques, tourisme, photographie et éducation, et on habitait Arles, au cœur du centre historique. Arles est une ville d’histoire, les Romains sont passés par ici, Van Gogh est passé par là, Arles, ce sont les férias, des foules qui se déplacent, et aujourd’hui, en été, depuis 40 ans, c’est la photographie qui fait l’actualité et la renommée de la ville.
L’origine de la galerie vient aussi de plus loin, de mes activités sur Orléans, et d’un désir presque omniprésent qu’un jour j’ouvrirais une galerie. Les choses se sont donc décantées très lentement.

Comment décririez-vous votre couple ?

Un couple qui s’aime, très actif et volontariste, qui aime recevoir et accueillir les autres chez soi… À l’époque de ce choix, c’était la galerie ou une table d’hôtes car Laurence cuisine très bien, surtout la cuisine du terroir et la cuisine Créole. Et puis, on est des impatients : lorsque nous habitions la Réunion, on a tellement attendu ces moments de convivialités que du coup, cette idée nous écartait définitivement de l’isolement… Nous ne sommes pas non plus des silencieux, plutôt des bavards qui adorent le dialogue. Nous sommes dans la parole, et c’est plutôt un atout quand on organise des expositions et un accueil public. Et nos enfants semblent s’inscrire dans cet héritage-là.

Comment vous qualifierez-vous par rapport à la photographie ?

Comme un ancien photographe… J’ai effectivement eu une activité de plasticien entre 1989 et 2007, dont l’essentiel du travail s’orientait vers la photographie. Mes premières expositions se déroulaient à la Galerie Polaris que dirige toujours Bernard Utudjan, rue St Claude. En 1992, j’étais le premier de sa galerie à exposer des photographies. J’y exposais des poulets habillés en humains, dans des postures stéréotypées.  Toute une époque ces années-là. Puis, pour des raisons personnelles, j’ai interrompu ma pratique vers 1996, non, plutôt 1997, au moment où j’ai passé une agrégation d’arts plastiques. Ce fut mon dernier travail d’artiste, des bricolages au sténopé dans une salle d’examen épouvantable. Le défi était de faire des travaux non scolaires et j’ai opté pour adapter ma pratique photographique en noir et blanc à ces conditions. Je me souviens : j’avais un bac à sable dans lequel je dessinais des hypothétiques sites archéologiques, puis avec le sténopé en plongée, cela donnait l’aspect de territoires de ruines, comme ceux que découvraient les explorateurs du XIX siècle… Un bon souvenir finalement ce concours.

Qu’est ce qui a motivé cette envie d’ouvrir une galerie photo dans votre maison ?

L’idée de réaliser des expositions dans un univers extra-commercial n’est donc pas nouvelle. Pour nous, c’est comme une complémentarité à la vie de famille.
Dans les années 85/95, nous avions vu fleurir énormément de galeries appartements, à Paris, puis à Lyon où nous habitions. Nous aimions bien participer aux événements qui s’y déroulaient et être dans la proximité des artistes. Bien sûr, nous connaissions un peu le milieu de l’art, mais d’aller dans un appartement plutôt qu’un lieu d’art contemporain ou un musée, était une manière de découvrir autrement l’art. « L’art est quelque chose qui rend la vie plus intéressante que l’art » nous disait Robert Filliou, et nous pouvions constater qu’effectivement, chez un particulier, la vie était plus là qu’au musée.
Notre maison est une maison particulière du XVIIIème, typiquement arlésienne. Elle est construite sur les ruines du palestre des Thermes de Constantin du IVème siècle, on peut même distinguer dans les jolies caves voûtées les différents appareillages romains et moyenâgeux.
Et c’est en hommage au grand peintre Vincent Van Gogh et à son désir de former un collectif d’artistes, que nous avons pensé à « L’atelier du midi », tout en restant un lieu familial que le peintre n’aurait pas renié. Durant les expositions, la vie de famille continue, rendant ce lieu convivial et propice aux rencontres et aux dialogues.

Et la vie de quartier, vous faites des vernissages ?

C’est en partie cette « vie de quartier » qui est à l’origine du projet…
Pour faire vite, nous sommes très engagés dans la piétonisation d’Arles et il y a quelques années, nous avons mené conjointement avec d’autres associations de nombreuses actions, qui aujourd’hui sont toujours embryonnaires, par manque de courage politique… Il y a une résistance ici à laisser sa voiture…
Et nous sommes persuadés comme beaucoup d’autres, que la vie de quartier ne peut être conviviale et exister que si les rues d’un centre ville sont apaisées.
Du coup, comme les actions de piétonisation tardent à donner des résultats concrets et cohérents, nous avons saisi l’opportunité de nos expériences avec Laurence pour montrer que culturellement, on pouvait aussi agir et défendre la même cause, mais sur un autre versant, histoire aussi de faire taire ceux qui pensent que ces combats ne sont que des combats de riverains pour leur « petit confort ».
Dès son inauguration, l’ambition de la Galerie fut affichée clairement :

– Devenir un lieu repérable dans l’espace culturel d’Arles, c’est-à-dire proposer un espace culturel alternatif et de proximité du fait de l’identité familiale des lieux, de leur intimité, du dialogue possible avec les artistes, les spectateurs et les galeristes. Entre l’espace muséal et la friche industrielle, il est envisageable de sensibiliser à la production photographique contemporaine, un public de quartier, d’adultes, de jeunes et de scolaires.

– Inscrire une présence par une programmation régulière et durable, en créant des événements artistiques et des sensibilisations dans le quartier du 4 septembre et des Thermes de Constantin, quartier malmené par un trafic automobile de transit, qui amoindrit la convivialité, la promenade touristique, les enjeux économiques et culturels, malgré la présence de lieux culturels importants.
La vocation de la galerie est donc triple : présenter des créateurs encore peu visibles et organiser des expositions, fédérer des partenaires pour des événements de quartier et participer de la sensibilisation à l’image.

La galerie est donc ce lieu de proximité auquel nous tenions. Nous avons fait au début de nombreuses démarches auprès des riverains et des commerçants pour les faire venir et rompre l’isolement de chacun. Tous ne viennent pas aujourd’hui, mais l’endroit commence à être connu et reconnu, comme un lieu où l’on peut venir discuter durant les expositions (puisque les portes sont ouvertes) et venir partager un verre pour les vernissages. Et c’est très sympa.

Vous organisez des évènements avec le voisinage ?

Oui, on tente de faire une rue « culturelle » puisqu’elle a commencé à être désertée (bien avant la crise) par les commerçants, gênés par le dépeuplement des acheteurs et le surpeuplement des bagnoles. Les 2 ne vont pas ensemble en ville, c’est une évidence.  La Culture comme remède à la voiture, pas mal comme slogan ! Tout cela en encore embryonnaire, mais ça germe lentement…
On organise aussi, avec les recommandations de François Hébel, directeur des Rencontres Internationales de la photo et du service culturel de la ville d’Arles, des projections le soir de la Nuit de l’Année, sur une petite place à côté de chez nous, avec les exposants que nous invitons et réunissons dans le quartier.

Depuis quand avez-vous ouvert ?

Nous avons ouvert en juillet 2006, avec seulement 20 mètres carrés, s’engageant à multiplier les espaces d’exposition en aménageant les 2 belles caves voûtées sous la maison.

L’exposition s’est faîte durant la semaine des Rencontres Internationales de la Photographie, et durant ce temps, nous avons commencé à imaginer la suite et un début de programmation. La première exposition fut une reprise de l’exposition photographique « Conseil de famille » présentée en 1992 à la Galerie Polaris à Paris.

Comment avez-vous communiqué sur ce lieu ?

Sans prétention au début. Cela se faisait dans un réseau d’amis Arlésiens, Lyonnais, les parents d’élèves de nos enfants, et quelques connaissances professionnelles. Les flyers étaient réalisés à la photocopie et distribués par Laurence. C’était vraiment artisanal. Avec le temps, nous nous sommes un peu perfectionnés. Pour chaque exposition, nous éditons des cartons d’invitations de qualité, c’est notre option, puis le carnet d’adresses s’est étendu.
Les moyens que nous utilisons sont assez classiques : envois postaux, sites internet qui diffusent nos infos, et nous profitons d’articles dans des revues (Côté Sud en juillet dernier) et bientôt dans des guides « parcours originaux » dans certaines villes. Bientôt notre propre site sera en ligne, courant avril 2009 si les choses vont bien.

Comment trouvez-vous les talents qui vont exposer et quels sont vos critères de sélection ?

Nous cherchons sans cesse, en allant voir des expositions, dans des catalogues, des échanges, des recommandations, etc. Il n’y a pas vraiment de règles.
Le plus fréquent, les 2 moyens employés sont : soit les artistes se présentent à nous et nous nous employons à regarder très attentivement leurs travaux ; soit l’initiative vient de nous et nous contactons les gens dont on apprécie le travail. Puis on se voit, une fois, deux fois et plus si nécessaire. Aussi, la relation et le dialogue sont des aspects très importants. Avant tout, cela doit reste humain et harmonieux avec le fonctionnement de la maison-galerie.
Les critères de sélection sont simples et clairs : adéquation entre démarche / travail / réflexion / Connaissance de l’art. Sans relation entre le travail, les connaissances en art, la culture personnelle de l’artiste et une capacité à se projeter pour dialoguer sur une démarche artistique, l’exposition n’est pas envisageable. On ne peut pas s’attendrir sur de jolies photos, ni sur des photos que seul le discours porterait. C’est un subtil mélange de nos propres préoccupations, de nos attirances vers certains travaux, des réflexions que les photos déclenchent et de l’enthousiasme qu’elles procurent pour nous faire aller de l’avant.
Il n’est pas imaginable pour nous de réaliser une exposition sans un investissement artistique, ni affectif. C’est comme ça, et c’est en cela que « L’atelier du midi » reste une maison. Qui inviterait des gens à dîner qu’il n’aime pas chez lui ? N’oublions pas non plus que le plus souvent, nous partageons notre maison avec les artistes… Alors ça doit créer des liens.

Plutôt expositions temporaires ou permanentes ?

Ce sont des expositions temporaires que nous organisons. Environ 5 par an, aux moments de l’année que nous choisissons avec les artistes et en fonction de l’opportunité des événements touristiques à Arles. Exposer de façon permanente ne serait pas gérable, et nous entrerions dans un fonctionnement de galerie marchande. Le principe associatif a cette vertu d’être souple.

Aujourd’hui vous avez doublé votre fréquentation en 2008, quels projets pour les années à venir ?

Pour tout vous dire, en débutant par de petites expositions, certes bien scénarisées mais modestes, nous n’imaginions pas un tel succès. Environ 2400 visiteurs la première année et plus de 5400 pour la seconde. Ce dernier chiffre est un bon compromis car il ne faut pas oublier le contexte de la maison et l’accueil que nous faisons à chacun. Il ne faudrait pas courir après des visites exponentielles en y perdant son âme.
Accueillir des expositions et des visiteurs dans une maison doit rester un acte complémentaire d’autres lieux plus institutionnels.
Les gens aiment venir car lorsque l’on franchit le seuil de la maison, il n’y a pas l’appréhension du musée et les fantasmes de la culture savante. Chacun sait entrer dans une maison et ne se sent pas intimidé? Il semble assez naturel aux gens de rentrer puisqu’on les y invite, même si parfois le doute s’installe quand à l’usage que nous faisons par exemple de notre cuisine, celle photographiée dans « Côté Sud » en juillet dernier.
Bien sûr que certains rentrent par curiosité, non pas pour voir l’expo, mais pour rentrer dans une maison arlésienne, tans pis, ce n’est pas grave…

Cette fréquentation est aussi due à la situation de la maison dans le paysage arlésien. Nous sommes au cœur du centre historique, en face des Thermes de Constantin, à 2 pas de la Place du Forum, du Musée Réattu et des quais du Rhône, d’une Boucherie du XVIII et d’une Commanderie fin XVI siècle. La maison est à un carrefour touristique stratégique. Des milliers de visiteurs et de touristes traversent ce quartier, quelque soit la motivation de leurs parcours : promenade antique, déambulation moyenâgeuse, visite des musées, chemins arpentés par Van Gogh, découvertes des lieux et des expositions photographiques pendant les Rencontres Internationales de la Photo, etc… La galerie est proche aussi des grands monuments antiques, et des multiples hôtels particuliers disséminés dans la ville.
Et durant l’été 2008, nous avons eu une chance inouïe de vivre proche de l’univers de Christian Lacroix, éclairé la nuit par des lumières violettes magnifiques, qui enrobaient notre quartier dans une ambiance presque cinématographique.

Vous avez beaucoup de partenaires publics et privés ? Quelles démarches pour les contacter ?

Quelqu’uns… Le Conseil Régional a été le premier à nous suivre. Puis, ce fut un peu la Mairie d’Arles (mais encore trop peu à notre goût). Et ensuite le Conseil Général qui a suivi et encouragé notre dispositif.
Sporadiquement, nous fonctionnons avec des partenaires associatifs, l’Ecole Nationale Supérieure de la Photo d’Arles, et quelques galeries privées, avec qui on construit des projets pour le quartier. Et dernièrement, des partenaires privés commencent à nous rejoindre.

Comment s’y prend t-on ? Par des rencontres, des invitations, la presse, toutes les formes de communications possibles. La rencontre est pour nous nécessairement une explication du principe, du fonctionnement, de la régularité et du sérieux du projet.
Comme nous sommes des pragmatiques, c’est notre qualité, les choses que nous projetons se font toujours et que chacun peut venir vérifier que ça marche.
Nous sommes systématiquement dans l’action, et très peu dans les projets alambiqués, genre usine à gaz, qui « brassent » des mots à la mode, mais sur le terrain, c’est toujours minimaliste, pas trop à notre goût.

Êtes-vous toujours à la recherche de partenaires ?

Oui tout le temps, car s’il y a des partenariats durables, les projets existent souvent dans le sillage d’une exposition et non dans la répétition. Et puis par principe, nous ne bloquons jamais un projet et nous le laissons ouvert à toutes propositions. Nous aimons bien engager un projet sans qu’il n’y ait un scénario clé en main, juste un fil directeur.

Quelle est votre perception de la photographie et de son évolution ? Quel regard portez-vous sur la photographie en général ?

Ma perception de la photographie contemporaine est bienveillante car elle a su se trouver une place dans l’art contemporain, essentiellement porté vers les arts plastiques à une époque encore récente. Aujourd’hui, la photo a une place essentielle, et cela malgré sa jeunesse historique. Elle est surtout très populaire et s’arrange  pour se rendre accessible, même si parfois, la photographie est tentée par certains concepts de l’art contemporain ou par une objectivité issue de l’école allemande, un peu fanée il me semble.
Je trouve cela très agréable et joyeux que dans le territoire de la photographie se côtoient toutes sortes de démarches, de moyens et de techniques… C’est une sorte d’agrégation des recherches artistiques des 40 dernières années. Entre le pur document des grands photoreporters et le document pauvre des land artistes des années 70 qui utilisaient la photographie bien en dessous de ses qualités, la faille s’est amoindrie, car chacun a pris conscience que c’est la peinture de notre époque, qu’elle est multiples dans ses usages comme l’était la peinture au XVII siècle.

Quant à la photographie en générale, c’est une découverte que j’ai faîte en 1984 dans un centre de vacances en Savoie, et depuis, l’enthousiasme à son égard ne m’a pas quitté. Historiquement, je trouve que cela est encore frais et ça me plaît que tout le monde puisse accéder à son regard et à sa pratique. Chacun tentera ensuite d’y voir ou non de l’artistique, mais l’essentiel est que la photographie a « autorisé » n’importe qui à pratiquer quotidiennement cette forme d’art, qui a quand même mis 150 ans à s’imposer dans la cour des grands, ne l’oublions pas.

Prochaine exposition à la galerie L’atelier du midi :

« Sentiers Kurdes »
Françoise Beauguion et Édouard Beau


Du jeudi 21 mai au dimanche 31 mai 2009
Ouverture : 15h à 19h (et sur rendez-vous)
Tous les jours (sauf dimanche 24 mai)
Entrée gratuite

1, rue du sauvage et 8 rue Maïsto – 13200 Arles
04 90 49 89 40 –  atelierdumidi@orange.fr

Vernissage le samedi 23 mai 2009 à 18h30 à L’atelier du midi

Exposition avec le soutien de l’École Nationale de la Photographie d’Arles et du magazine en ligne lesphotographes.com

Inscrivant leurs démarches dans les sillons des illustres reporters-photographes, Françoise Beauguion et Edouard Beau pratiquent une photographie vagabonde qui cultive le goût du récit, de l’aventure humaine et de l’expédition politique. Les missions qu’ils s’imposent vers des territoires chaotiques, semblent être dictées par un désir d’apprendre comment le monde fonctionne, et d’en révéler ses détails, ses ruptures, ses bonheurs et ses combats.

Empruntant des « sentiers Kurdes » sans s’y être croisés, chacun nous offre des vues de ce nord de l’Irak, tiraillé par les conflits socio-politiques et religieux, dans lesquels l’être humain cherche à résister.

Si Françoise Beauguion s’est intéressée en 2007 aux femmes combattantes du PKK et à la persistance du culte chrétien en terre musulmane, pour exprimer son attachement à la démocratie, Edouard Beau quant à lui, est allé de Sangatte (2002) à Mossoul (2007) et s’est approché des cités assiégées, des fouilles, des soldats, des explosions et de la poussière, pour comprendre les mécanismes de l’exil et les voies de l’immigration.

Les « objets d’information » qu’ils glanent sont à l’actualité ce que les photographies sont aux albums de famille : des biens précieux et des liens indispensables pour s’intéresser à l’histoire des Autres.