La photo en couple, Lucie Pastureau et Lionel Pralus

Si le métier de photographe n’est pas toujours facile à exercer, Lucie Pastureau et Lionel Pralus ont choisi de vivre l’aventure en couple, en développant des projets indépendamment l’un de l’autre mais aussi en partageant des œuvres photographiques. Attirés par les sujets de la cellule familiale et les problématiques qui en découlent, la personne dans le développement de son identité, ces deux jeunes auteurs ont créé le collectif Faux amis avec Hortense Vinet et exposent en Arles proche(s), pendant les rencontres du mois de juillet.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusProjet commun, installation Galerie Atelier du midi, 2008-2009
Lucie et Lionel

Petite présentation, comment êtes vous venus à la photo ?

Lucie Pastureau : j’ai commencé la photographie au lycée en option arts plastiques, on avait un labo noir et blanc dans lequel je passais pas mal de temps. Mes parents m’ont offert un appareil à peu près au même moment, un Olympus. J’ai passé ensuite quatre années aux Beaux arts d’Orléans, je n’ai pas choisi tout de suite la photographie, je faisais aussi du dessin, de la gravure, j’écrivais un peu… La formation des Beaux Arts m’a beaucoup apporté, mais au bout de quatre ans, j’ai eu le désir de me spécialiser, et aussi de venir à Paris. J’ai intégré les arts décoratifs de Paris en 3ème année, et j’ai obtenu mon diplôme l’été dernier.

Lionel Pralus : comme Lucie, c’est au lycée que j’ai découvert le labo noir & blanc. Mon père m’avait déjà dit que plus jeune, il tirait lui-même ses photographies. J’ai trouvé un petit agrandisseur chez Emmaüs et je me suis bricolé un labo de fortune dans la salle de bain de mes parents (une planche sur la baignoire, des gâches à ciment pour les produits que je gardais six mois !). Je pratiquais la photographie en complément d’autres activités artistiques, qui prenaient tout mon temps libre. Je faisais énormément de peinture et de sculpture, toujours en bricolant les choses, dans un recoin de la maison familiale.
Ensuite je me suis retrouvé dans la même école que Lucie, à Orléans où j’avais emporté mon labo sous le bras et j’ai assisté à quelques workshops de photographie qui m’ont vraiment motivé pour poursuivre dans cette voie.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Frères, 2006-2009
Lucie

Vous vivez de vos activités photographiques ?

Lucie & Lionel : C’est difficile d’en vivre pour l’instant. On se consacre essentiellement  à développer nos projets personnels, en répondant à des appels à candidature de résidences d’artistes, à des concours…On participe aussi souvent à des projets qui nous plaisent mais qui ne sont pas vraiment rémunérés. C’est une situation précaire, mais comme la plupart des artistes, on travaille à côté (petits boulots alimentaires). C’est pour le moment la meilleure alternative que l’on ai trouvé. Finalement, pour répondre à votre question, nous ne vivons pas de la photo mais pour la photo.

Comment définiriez-vous votre style photographique ?

Lucie : Je m’intéresse beaucoup à l’imagerie amateure, et aux images qui existent déjà. Nous vivons submergés d’images, et il est important de réfléchir à celles qui existent avant d’en faire soi même. Dans mon projet le Grand Saut, j’utilise mes images de famille comme un matériau. J’aime détourner les choses, établir des troubles, des doutes, plusieurs niveaux de lecture, exploiter les accidents de l’image.
C’est difficile de définir un style, je préfère parler d’une démarche, d’une approche. Je cherche une distance, une façon de me situer par rapport à l’autre et à moi-même. Mes projets sont souvent proches de la sphère de l’intime. J’aime l’ordinaire, le familier, car c’est là que l’extraordinaire surgit avec le plus de force.
Le travail de la photographie ou du texte, pour moi, c’est toujours une histoire de distance : par rapport au sujet, par rapport au réel. Les glissements du réel à la fiction m’intéressent, et la photographie est un médium qui de par sa nature même s’inscrit dans cette recherche. Les glissements aussi, de l’intime vers l’universel.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Septième, 2009
Lucie

Je considère la photographie comme une appréhension du monde (dans ma pratique, pas en général), c’est en ce sens que je peux parler de photographie sensible. C’est étrange, comme je cherche le plus possible à coller à la vie en même temps que j’aime que mes images ne paraissent pas « réelles ».
C’est dans le projet Septième que cette approche est la plus visible, projet en binôme avec une écrivain, Madeline Roth. Je tente de photographier les images mentales qui ont fait surface lors de ma lecture, sans plus revenir vers le texte. Et je me laisse emporter par ces fragments de paysages ou de corps à fleur de peau, ces lumières teintées par la nuit. Dès le départ, j’ai l’envie de ne pas incarner les personnages, qu’ils restent dans l’ombre, à l’abri du texte. Des images comme une amorce seulement, libres, fugaces ; des images en fuite.

Je photographie l’instant, mais je ne crois pas à l’instant décisif, je préfère ses à côtés ; c’est d’ailleurs une problématique assez présente dans la photographie contemporaine.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Septième, 2009
Lucie

Lionel : C’est une question complexe… Il est très dur pour un photographe de s’attribuer nommément un style, car cela peut très vite l’enfermer. C’est peut être plus, comme l’a dit Lucie juste avant, une question de démarche et de façon dont au voit et on s’approprie les réel.
Il y a des choses que l’on ressasse, que l’on retrouve d’un travail à l’autre, et qui finissent par dresser un portrait du photographe.
J’aime à voir la photographie comme un dialogue avec ce qui m’entoure et ceux qui voient mon travail. Le rapport à l’intimité, à ma propre intimité est une chose qui revient souvent, mais que je considère comme une ouverture à l’autre. Lorsque je me livre dans mes textes et mes photographies c’est plus pour faire ressentir ce que moi-même je ressens ou aperçoit et qui n’est pas unique, que chacun à en soi et accepte ou cache. Donc le rapport d’une chose intime à un sentiment ou une situation qui se voit partagée par tous est un élément récurrent dans mon approche.
Pour parler plus spécifiquement d’image, il n’y a pas une façon de photographier, car chaque projet à sa propre particularité. J’ai tout de même une préférence pour les images assez épurées, où ma présence est à la limite de l’effacement, laissant la place à celui qui veut entrer et s’imprégner de l’ambiance de la photo. J’aime à être discret.

Quelles techniques utilisez-vous ?

Lucie : J’ai plusieurs appareils, que j’utilise en fonction de mes projets. La technique m’importe assez peu, du moment qu’on la maîtrise afin de savoir ce que l’on fait. J’ai un rapport affectif avec mes appareils, et je déteste avoir à photographier avec un appareil que je ne connais pas. J’ai beaucoup utilisé mon Yashika, cadeau de mon père, pour son format carré et aussi parce qu’il me permet d’avoir une distance spécifique avec le modèle – le viseur est sur le dessus, je peux voir en même temps ce qu’il se passe et l’image qui se matérialise, puisque le viseur a la taille du négatif. Je photographie aussi avec d’autres moyens formats, 4 ½ x 6, 6×9… J’ai un numérique, mais que j’utilise essentiellement pour des commandes.
En général, on scanne nos négatifs et on fait tirer en labo.

Lionel : Le rapport aux appareils est très personnel. En tant qu’objet, certains appareils m’attirent vraiment, même si leurs « compétences » techniques ne sont pas forcément à la hauteur. C’est d’ailleurs ces imperfections et ces disparités dont nous jouons avec Lucie pour nos photographies communes, cela brouille encore plus les pistes entre nous deux, car nous utilisons les mêmes appareils et en changeons souvent.
Tous ces petits jouets sont bien sûr des appareils argentiques, mais j’aime aussi travailler au numérique, qui a ses qualités et ses défauts et avec lequel je travaille d’une façon tout à fait différente.
Il y a un appareil avec que j’ai acheté d’occasion et que j’utilise depuis de nombreuses années, c’est un Bronica ETRSi, de format 4,5×6, je prends un réel plaisir à l’utiliser. Chaque projet trouve son appareil.
Depuis peu je travaille aussi à la chambre avec un dos 6×7. Comparé au numérique, c’est une façon très différente de photographier, tout dépend du temps dont on dispose.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusProjet commun, installation Galerie Atelier du midi, 2008-2009
Lucie et Lionel

Vous avez créé le collectif Faux Amis, qu’en attendez-vous ?

Lucie & Lionel : Nous avons créé le collectif avec Hortense Vinet un peu après l’obtention de notre diplôme, par affinité personnelle et parce que nos préoccupations étaient assez  proches. Nous avons pris l’habitude de travailler côte à côte à l’école et cela s’est fait de façon très naturelle.
Les  projets collectifs créent d’emblée une énergie nouvelle, un foisonnement d’idées et une approche plus complète, qui est la somme de points de vue. On ne veut pas s’enfermer dans une seule vision, mais dans une création en perpétuel renouvellement, où les projets restent ouverts aux changements, à la multiplicité des regards.

Aujourd’hui vous êtes trois, vous comptez agrandir le nombre de photographes dans ce collectif ?

Lucie & Lionel : Oui, le collectif va sûrement  évoluer dans les mois à venir, tout en restant une petite entité. Nous pensons à une ou deux personnes, dont on connaît le travail et avec qui nous avons aussi des affinités. Cela nous semble important qu’il y ait déjà une relation établie à la base pour travailler ensemble.
Cela nous permettra d’être plus polyvalents dans les réponses apportées et dans les collaborations.
Tous les membres du collectif ont une formation de photographes, mais ont tous une pratique artistique qui s’appuie sur d’autres médiums.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Lettres aux Pères, 2009
Lionel

Vous utilisez parfois du texte dans vos images, vous pouvez nous expliquer cette démarche ?

Lucie : Pour l’instant, je n’utilise pas le texte dans l’image mais à côté, en parallèle. La lecture a toujours été primordiale pour moi, et mes inspirations ou références sont plus souvent littéraires que visuelles. Depuis toute petite, les livres me sont chers, et je reviens souvent vers eux. Quand je travaille sur un projet, je mets en page mes images, j’écris des choses, je bricole des maquettes. J’ai besoin de l’espace du livre pour réfléchir, pour qu’un lien se crée. Parfois, ce n’est qu’une méthode de travail, et parfois, un vrai projet qui ne prend son sens que dans le livre, comme le Grand Saut. Ma série Frères existe tirée et montée sur des caissons en bois assez épais et c’est leur finalité. Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’un jour, j’en ferais un livre.
Quand je travaille le texte et l’image, le texte n’est surtout pas là pour légender, j’essaie de travailler les deux dans un équilibre, dans les échos que chacun émet, les équivalences ou les dissonances… Les mots et les images créent un troisième médium.

Dans le livre Septième avec Madeline Roth qui sortira en septembre chez Où sont les enfants, il a été clair tout de suite, pour elle comme pour moi, que mes images n’illustreraient pas le texte. Ce n’est pas un roman photo. J’essaie en m’imprégnant du texte de me l’approprier et donc de m’en éloigner, pour être libre de créer mes propres images.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusLe grand saut, édition 82 pages, 2008
lucie

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusLe grand saut, édition 82 pages, 2008
lucie

Lionel : Que ce soit dans ou à côté de la photographie, le texte est un moyen supplémentaire de toucher celui qui regarde. Nous nous intéressons aux notions de mémoire, de souvenir, ce sont des choses qui prennent la forme d’images et tout naturellement de textes, l’un complète l’autre, le rend plus complexe et donne une profondeur au propos. De plus, un souvenir ne se « matérialise » pas seulement sous forme d’images, les mots nous aident à cerner des émotions, à décrire ou provoquer des sentiments qu’une image seule ne donne pas toujours. Je trouve aussi que la photographie a beaucoup à voir avec la littérature ; on joue avec des formes, on raconte des choses qui ne sont pas forcément des histoires, mais devant lesquelles on éprouve des sentiments et qui sont un support à l’introspection.
Cette démarche n’a pas à être systématique, une photographie parle aussi seule et idem pour un texte. C’est lorsque les deux se complètent sans empiéter l’un sur l’autre que cela prend tout son sens.

Que pensez-vous du photographe comme auteur, pas seulement d’images, mais en parallèle d’œuvres écrites ?

Lucie : Certains réussissent très bien les deux, Alain Fleicher, Denis Roche, Hervé Guibert… Je pense que c’est une force et une richesse et je m’intéresse aux artistes qui ont des œuvres transversales. Cela peut être dangereux aussi, l’un peut éclipser l’autre, et c’est rare que l’on considère quelqu’un comme photographe écrivain, on aime bien ranger les personnes dans des catégories distinctes.
Pour ma part, j’utilise le texte, mais je ne me considère pas comme écrivain. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que l’on est très libre dans la création, on peut vraiment toucher à pleins de médiums différents.

Lionel : Je ne me considère pas non plus comme un écrivain, je ne m’en sens pas la capacité et ce n’est tout simplement pas ma place. Lorsque je ressens le besoin d’associer photographies et textes, je le fais avec le plus de précautions possible, car je sais que d’autres, beaucoup plus expérimentés que moi, seront prêts à juger ces mots. Il y a finalement peu de photographes qui écrivent, peut-être à cause de cette peur, la peur de faire de travers ou mal.
Néanmoins, lorsqu’un photographe décide d’écrire, il ne faut pas juger son texte comme celui d’un photographe, mais l’observer sous son angle littéraire. Il y a parfois trop d’indulgence envers certains textes de photographes ; une photographie réussie accompagnée d’un texte pauvre ne fait pas tout. Les photographes, même s’ils ne sont pas forcément des écrivains se doivent d’être aussi exigeants face à leurs textes que face à leurs photographies.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Paysages familiers, 2008
Lionel

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Paysages familiers, 2008
Lionel

La photo dans votre couple, comment ça passe ? Vous parlez d’un quatre-mains…

Lucie : La photo, enfin, nos projets, c’est tous les jours qu’on y pense et ça fait partie de notre vie quotidienne. On ne travaille pas toujours ensemble, mais en tous les cas, Lionel est souvent la première personne à lire mes textes ou voir mes images, il m’assiste aussi parfois pour mes prises de vue et son avis est très important pour moi. Nous avons l’un pour l’autre fonction de conseiller et correcteur, et cela prend parfois une place importante. Par exemple, le choix des images  fait vraiment partie du travail du photographe, et il n’est pas rare qu’on le fasse à deux.
Nous nous influençons beaucoup, sans forcément  toujours nous en rendre compte.
Dans notre prochaine exposition, proche(s) à la Galerie l’atelier du midi, une pièce entière sera consacrée à une installation commune, images et textes. C’est un projet que nous avons commencé il y a un an. Ce sont des images prises d’un lieu à l’autre, du sommeil à l’éveil, par l’un ou par l’autre indistinctement. C’est une sorte de carnet de route, une typographie de l’intime. Ici, la photographie est vraiment liée aux lieux que l’on parcourt, aux choses que l’on fait. A la vie que l’on mène.

Lionel : Pour ce qui est des projets que nous réalisons totalement en commun, tout se fait à deux, de la prise de vues à l’installation des tirages dans un lieu d’exposition. C’est pour cela que nous parlons d’un travail à quatre mains, je me réveille et c’est la main de Lucie qui photographie. Lors des prises de vues ou tout simplement lorsque nous nous promenons ensemble, l’un voit une image à faire, ce qui n’empêchera pas l’autre de la prendre. Nous nous conseillons et nous nous aidons l’un l’autre. Lorsque Lucie a mal au dos, je lui porte son pied photo, c’est aussi ça un couple de photographe !

C’est plus facile d’être deux dans la barque ?

Lucie : Bien sûr, pour pleins de choses c’est plus facile. Le fait de pouvoir avoir le soutien de l’autre et surtout la compréhension, l’aide. C’est aussi parfois difficile, parce que l’on n’a pas exactement la même approche, et on ne travaille pas pareil. Il faut en tous les cas être attentifs à garder son individualité, et travailler sur un même thème en parallèle est parfois compliqué. Mais on arrive toujours à trouver chacun notre place.
Il nous arrive de ne pas être d’accord, mais cela nous pousse aussi à formuler tout de suite les choses, à justifier le travail. Parfois, ce que l’on fait dans son coin ne prend existence qu’une fois montré, et on y croit un peu plus quand on voit le projet exister dans le regard de l’autre.

Lionel : Comme je le disais précédemment, si on fait une image, c’est en parti pour que d’autres la voit. En général, la première personne à voir mes photographies après moi (et parfois avant) est Lucie. De la naissance d’une idée à sa mise en forme finale, le dialogue est constant. C’est une nécessité et une grande aide pour nous deux, car nous ne voyons pas forcément les mêmes choses aux mêmes moments et ça fait avancer les projets. Certains photographes aiment à travailler en solitaire, mais le poids du doute est lourd à porter. Douter à deux est plus facile.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie Lettres aux Pères, 2009
Lionel

Comment envisagez-vous la même œuvre créée par deux photographes, en même temps ?

Lucie : J’ai parfois l’impression d’être photographe quand il me photographie ou le contraire. Le projet commun sur lequel nous travaillons est un projet très libre, qui évolue beaucoup. C’est très agréable de se laisser porter. Le choix de l’agencement des images fait aussi partie intégrante de l’œuvre, puisque c’est de là que découlera le récit. Finalement, j’en arrive à oublier qui est l’auteur de telle ou telle image. Ce n’est pas important. Ce qui l’est, c’est que chacun ait d’autres projets à côté, nous sommes souvent sur trois ou quatre projets en même temps.

Lionel : Les couples d’artistes se choisissent souvent comme modèle, ce qui ne les empêche pas de rester des créateurs. Une fois vulgarisée, la photographie a servi à « immortaliser » ceux que l’on aime. En tant que couple, nous faisons de même, sans pour autant oublier que nous sommes photographes. C’est assez stimulant de jouer avec cette idée de la photographie affective, tout en la reliant à sa propre pratique.

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie en cours (résidence d’artiste en Franche Comté), 2009
Lionel

Vous avez des photographes que vous admirez et qui vous inspirent ?

Lucie : J’ai déjà cité Hervé Guibert et Denis Roche, dont le travail me touche beaucoup, parce que je peux l’appréhender de différentes façons. C’est comme si l’écriture et la photographie nourrissaient deux sens différents.
J’aime aussi beaucoup le travail d’Edouard Levé et Arnaud Claass.
Pour ce qui est du travail sur le livre, je trouve la démarche de Nicolas Comment et Anne Lise Broyer très intéressante, chaque livre est différent, et c’est vraiment dans cet espace que la photographie prend vie.
Je regarde aussi les  photographes, souvent féminines, qui travaillent sur le trouble de l’identité, par rapport au genre féminin/masculin, à l’appartenance sociale,… comme Vibeke Tanberg, Tracey Moffatt….

Lionel : Que dire de plus ! Il y a des photographes qui me nourrissent, mais aussi des écrivains des cinéastes, musiciens, des plasticiens, c’est une somme d’influences, que l’on ne saisi pas forcément sur le moment.
Je découvre de nouveaux photographes presque tous les jours, avec des approches originales, un regard neuf, c’est très enthousiasmant !

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie en cours (résidence d’artiste en Franche Comté), 2009
Lionel

Votre actualité ?

Lucie & Lionel : En ce moment, nous sommes avec Hortense Vinet, en résidence d’artiste à Villers sur Port, résidence Amalgame, créée par l’association AECA, soutenue par la Communauté de Commune, le Frac et la Drac Franche Comté. C’est notre premier projet en tant que collectif. A partir d’un fond commun que nous avons récolté, constitué d’images de famille, d’archives et de témoignages, dans l’intention de faire résonner la mémoire du territoire et de ses habitants, chacun de nous propose un projet distinct. Il y aura aussi des pièces faites à trois.

La finalité de cette résidence est une édition, ce qui nous permettra de penser vraiment l’œuvre collective, d’envisager non l’édition comme un catalogue mais comme un livre, dans lequel les images et textes des uns et des autres entreront en résonance.
Sinon, nous avons chacun des choses en cours, projets à continuer, et les appels à résidence, concours,…

Photographie Lucie Pastureau et Lionel PralusSérie en cours (résidence d’artiste en Franche Comté), 2009
Lucie

Des projets importants dans le futur ?

Lucie & Lionel : Nous avons une exposition  en Arles à la Galerie l’Atelier du Midi, en juillet et une
avec Faux Amis en septembre aux Photaumnales de Beauvais. L’édition que nous ferons à la suite de notre résidence actuelle est prévue pour la fin septembre.
Pour le reste, nous attendons des réponses de Résidences et nous espérons faire de belles rencontres en Arles.

Lucie : Le livre Septième écrit par Madeline Roth avec mes photographies sort en septembre, collection Focale, chez Où Sont les Enfants.

Lionel : Je serai en résidence à Niort en Septembre pour les Rencontres Internationales de la Jeune Photographie. Sinon l’avenir se dessine au jour le jour.

Cette exposition à la Galerie de l’atelier du midi en juillet (lien vers l’interview de la galerie sur lesphotographes.com), comment avez vous rencontré les galeristes ? comment avez vous pensé votre exposition ?

Patrick Ruet a remarqué le travail de Lionel l’année dernière, on exposait chacun dans le cadre de Work in Progress, concours/exposition organisé par l’école de photographie d’Arles. On est ensuite venu dans sa galerie/maison, et on leur a présenté, à Laurence (sa femme) et lui,  notre travail.
Il ont aimé certains de nos projet et le fait que l’on soit deux, et assez vite, nous ont proposé de nous exposer en juillet 2009.
Nos séries Frères et Paysages Familiers ont été vues plusieurs fois (expos et concours), et Patrick avait le souhait que l’on expose aussi de nouvelles choses. Cela fait donc un peu moins d’un an  que l’on réfléchit à l’accrochage, dans un échange permanent avec lui, tout en avançant dans les projets. L’espace de la galerie est un espace modulable qui nous permet de vraiment penser nos projets en fonction du lieu (ou l’inverse). Dans l’accrochage, on a mélangé nos différents travaux, pour les confronter. Nous avons aussi réalisé un projet commun qui occupe toute une pièce de la galerie, et qui a été prévu spécifiquement pour occuper ce lieu. L’ installation comprend des photographies, du texte et du son.
Le vernissage est le 8 juillet à 18h30, et autour de la nuit de l’année- le off, apéro projection place du Sauvage à partir de 21h30. Le 9 juillet, nous organisons une signature de mon livre Le Grand Saut (microédition) et une carte blanche à la maison d’édition Où sont les enfants avec qui je travaille sur le projet Septième. L’auteure du roman, Madeline Roth, sera présente.
Enfin, le 10 juillet, il y aura une projection avec différents photographes devant la galerie, Place du Sauvage, à 22h30.

Lien vers le site du collectif Faux Amis et le book de Lucie Pastureau et Lionel Pralus