La frénésie urbaine de Laurent Dequick

Nous avons souhaité vous présenter ici une interprétation particulièrement notable du paysage urbain. Les compositions photographiques de Laurent Dequick dégagent une énergie fort séduisante. La multiplicité des images réunies dans ces collages interpelle l’œil. Se situer dans le flou et le mouvement de ces métropoles revient à un plaisir. Le photographe s'écarte des clichés banals, puisque ces images relient plusieurs impressions du monde urbain. Dans l'interview qui suit, Laurent Dequick nous présente ses photographies qui incarnent les vibrations quotidiennes de ces capitales du monde.

Nous avons souhaité vous présenter ici une interprétation particulièrement notable du paysage urbain. Les compositions photographiques de Laurent Dequick dégagent une énergie fort séduisante. La multiplicité des images réunies dans ces collages interpelle l’œil. Se situer dans le flou et le mouvement de ces métropoles revient à un plaisir. Le photographe s’écarte des clichés banals, puisque ces images relient plusieurs impressions du monde urbain. Dans l’interview qui suit, Laurent Dequick nous présente ses photographies qui incarnent les vibrations quotidiennes de ces capitales du monde.

Votre parcours architectural semble prééminent dans vos images. Pensez-vous comme un architecte lors des prises de vues ?

Mon travail s’en trouve marqué par ma formation puisqu’il s’agit en premier lieu d’une réflexion sur la ville contemporaine et plus spécifiquement sur le foisonnement de l’espace urbain moderne. Mon propos est de transmettre l’impression de frénésie qui découle de la densité de population et de l’activité en zone urbaine. Mais il ne faut pas se méprendre sur me propos, la ville telle que je la pratique me stimule, je me laisse surprendre aussi bien par leur structure, leur architecture, leurs monuments, (témoins de leurs histoires) que par les signes que nous donne à voir la ville contemporaine (enseignes, signalétiques, publicités…). Je cherche systématiquement à accéder aux mythes que certaines images ont crée, colporté, véhiculé dans la mémoire collective.

Comment choisissez-vous les images qui seront “imbriquées” les unes aux autres ?

Je choisis d’abord l’image de fond qui me servira de colonne vertébrale, puis à la manière d’un peintre je monte en densité en ajoutant d’autres clichés jusqu’à l’obtention de la vibration souhaitée.

Créez-vous ce genre de collages photographiques par hasard ?

Non, le hasard n’existe pas à plus d’un titre d’ailleurs, mon travail s’effectue en deux phases : tout d’abord la prise de vue puis le montage et la composition. Lors de la prise de vue, je cherche à capter le sens du lieu, sous tous ses angles. Le montage quant à lui peut s’apparenter à la construction d’une image rétinienne basée sur l’accumulation des souvenirs du lieu.

Jusqu’à combien de photographies uniques peut-il y avoir dans une de vos images montées ?

Je ne les compte pas réellement et qu’importe l’effet souhaité peut nécessité de 3 à 30 photos différentes, tout dépend du sujet et bien évidemment du résultat que je souhaite obtenir.

Comment avez-vous développé cette approche? (Vous parlez de vos inspirations cubistes et dadaïstes…)

Exactement, un de mes tableau préféré est le nu descendant l’escalier de Marcel Duchamp. MD condense sur une toile les différentes positions du modèle descendant un escalier.

Vous avez photographié plusieurs villes. Y a-t-il une « vibration » particulière/singulière propre à chaque ville ?

Oui, même si le résultat peut laisser apparaître une similitude dans le process de création, mon approche est à chaque fois à réinventer, je cherche chaque fois à recréer le souvenir que j’ai de chaque lieu, un peu à l’image d’une image rétinienne une fois que vous avez fermé les yeux.

Jusqu’où comptez-vous suivre ce projet de foisonnement urbain ? Vous reste-t-il d’autres villes à photographier ?

J’en ai déjà photographié un certain nombre, même si le travail de composition n’est pas encore abouti (Madrid, Barcelone, Rotterdam, Bruxelles, Hambourg…)

Il m’arrive de travailler sur commande, en général il s’agit d’un travail de composition sur un seul bâtiment.

Je projette de travailler sur des villes tel que Chicago, San Francisco, Dubai, Hong Kong, Shangai, Tokyo… pour la suite nous verrons après cela.

Votre travail photographique explore également d’autres points de vue et vous avez une multitude de projets que vous regroupez sous le titre « Autre Regard ». Parlez-nous de l’évolution de ces images.

En effet, cette rubrique regroupe des projets expérimentaux, ou je me laisse emmener par des idées simples comme par exemple photographier ce que les gens photographient, ou montrer l’abbaye du Thoronet sous la pluie avec très peu de lumière alors qu’habituellement nous la voyons baignée de soleil… A l’encontre d’un reportage plus classique je me laisse emmener par ‘’un autre regard’’…

Propos recueillis par LG