En « close-up » avec Jean-Marc Valladier

Une tendance pour le petit, le détail, ou le "close-up" (le gros plan), Jean-Marc Valladier précise sa photographie et la philosophie qui l'accompagne. Si la pratique de la photographie comprend plusieurs étapes, une de celle qui semble la plus encourageante est sans doute la découverte de son propre style. En tant que vrai enthousiaste photographe, Jean-Marc Valladier nous montre le sien.

Une tendance pour le petit, le détail, ou le « close-up » (le gros plan), Jean-Marc Valladier précise sa photographie et la philosophie qui l’accompagne. Si la pratique de la photographie comprend plusieurs étapes, une de celle qui semble la plus encourageante est sans doute la découverte de son propre style. En tant que vrai enthousiaste photographe, Jean-Marc Valladier nous montre le sien.

Comment définiriez-vous votre pratique de la photographie ?

Je dirais intériorisée, intuitive et rêveuse.

Je cherche à faire éclore l’émotion ressentie à un moment donné, le sentiment fugace que l’image est là, ici et maintenant, qu’elle vous offre cette fraction de seconde magique qu’il ne tient qu’à vous de tenter attraper à la volée…

Ça ne marche pas toujours. Il faut savoir aiguiser son ressenti, s’ouvrir aux ambiances et aux détails, laisser traîner à chaque instant un œil émerveillé et critique sur le réel, ouvrir sa conscience au fait qu’il suffit de peu de choses pour qu’une confluence d’éléments, luminosité, formes, composition, textures, créent un petit miracle d’instant de grâce.

Comment vous-est elle venue ?

Depuis l’enfance, je voyais faire les grands, me rendant compte du champ infini des possibilités qu’avait tout un chacun de pouvoir retranscrire « sa » réalité, de la faire partager, de la confronter aux visions des autres, de s’en nourrir pour d’autres expériences artistiques, qu’elles soient ou non dans le champ du graphisme.

J’ai toujours essayé de mettre en avant le ressenti avant le factuel, quelles que soient les techniques.

Cela va sans dire, l’arrivée du numérique a ouvert un espace de liberté créatif sans précédent.

Comment expliquez-vous votre gout pour la photographie « vintage », ou ancienne ?

Ce n’est pas un penchant exclusif et précis, c’est juste un moyen de traduire une ambiance particulière, de faire participer l’autre à l’émotion ressentie.

Images numériques, argentiques, ou mix des technologies ?

Je ne travaille plus qu’en numérique. Je sais, je me prive d’un plaisir de puriste.

C’est le sujet de conversations parfois passionnées avec certains amis restés très « roots », mais pour l’instant, je reste encore comme un enfant qui se serait laissé enfermer dans un magasin de jouets merveilleux.

Il me faudrait plus d’une vie pour arriver au bout des possibilités créatives que nous offre la technologie moderne. Je ne suis pas loin de penser que Photoshop est la plus belle invention depuis la peinture à l’huile…

Parlez nous de cet objectif Takumar…

Avec l’arrivée des premiers reflex dans les années soixante, j’ai toujours vu mon père avec un Asahi Pentax Spotmatic. La gamme d’objectifs de la marque portait le nom de Takumar, ce qui sonne un peu comme un nom de héros de manga. J’ai adapté l’objectif standard vendu à l’époque avec le reflex, le maintenant mythique 50mm f1.4, sur un boitier numérique pour faire revivre un peu de ce matériel si souvent vu dans mon enfance.

Les caractéristiques de l’objectif ont permi à cet attelage atypique de donner naissance à des images délicatement décalées, avec un piqué, une douceur et une tonalité très particuliers. Ce fut une une révélation dont les effets perdurent à ce jour.

Comment est reçue cette série par votre entourage ?

Avec amusement et bienveillance …

Vous avez fait d’autres séries, mais toujours sur en close-up, très rapprochées ? Un style volontaire ?

J’ai plaisir à tenter de transpercer la carapace de la matérialité, de mettre un pied dans la porte, et de venir immiscer ma vision entre les strates du réel.

Cela n’implique pas forcément de travailler en plans rapprochés. J’ai par exemple réalisé une série d’images en vitesse lente du défilé des écoles de Samba de Rio, ( Série “Sambodromo” ) prises à focale longue , qui ont reçu un accueil très positif.

Vous partagez aujourd’hui ces photos sur internet, avez-vous la possibilité ou l’envie d’exposer ?

Dire qu’Internet est une formidable caisse de résonnance, c’est de l’enfonçage de porte ouverte, mais il n’empêche que les faits sont là.

Mon site Flickr a permis de faire partager ma vision graphique avec plus grand nombre, d’échanger , de progresser, de renconter tout un tas de passionnés. C’est toujours un énorme enrichissement. Là aussi, profitons de ce que la technologie nous apporte de positif.

Ceci n’empêche pas, bien au contraire, de chercher à faire connaître son travail dans le monde réel. J’ai pu exposer à de nombreuses reprises à Marseille et dans sa région. Plusieurs expositions sont en cours ou prévues, notamment en Corse ( Rencontres photographiques de Corte http://rpc-corse.fr/ ), à Marguerittes, près de Nîmes (Festival Images en marges http://www.imagesenmarges.com/ ), à Aix-en-Provence ( Festival off Photaix http://www.fontaine-obscure.com/pages/photAix2011/Off2011.htm )

Je suis bien évidemment à la recherche de tout moyen de faire connaître et de diffuser mon travail. Tout contact avec une manifestation ou un lieu d’expo sera évidemment le bienvenu…

Interview par RD