30 Under 30 : rencontre avec Matthew Hong et Océane Buret

30 Under 30 / Women Photographers est une exposition annuelle de photographie en ligne présentant une sélection de 30 femmes photographes autour du monde, toutes âgées de moins de 30 ans. Alors que 2014 marque la cinquième année de l’évènement, l'exposition rassemble de plus en plus de visiteurs. A cette occasion, nous avons rencontré Océane Buret, la directrice adjointe.

30 Under 30 / Women Photographers est une exposition annuelle de photographie en ligne présentant une sélection de 30 femmes photographes autour du monde, toutes âgées de moins de 30 ans. Alors que 2014 marque la cinquième année de l’évènement, l’exposition rassemble de plus en plus de visiteurs. A cette occasion, nous avons rencontré Matthew Hong, directeur et Océane Buret, directrice adjointe.

Comment est venue l’idée de 30 UNDER 30 ? Qui se trouve à l’origine du projet ?
L’idée de 30 UNDER 30 est née suite à l’observation d’un phénomène récent. Il s’agit de la croissance des jeunes photographes au sein de l’industrie et le monde de la photographie grâce aux pratiques de la photographie moderne devenues plus accessibles et aux réseaux sociaux rendant possible l’exposition publique. A force de travailler avec les photographes nous réalisons que ce phénomène intervient particulièrement chez les femmes qui tendent à être moins représentées dans l’industrie.

30 UNDER 30 a vu le jour en 2010. Chaque année, ce projet devient de plus en plus important, non seulement au sein de son propre cadre mais aussi dans le monde de la photographie.

Comment sont sélectionnées ces jeunes photographes ?
Il n’y a pas de critères spécifiques en dehors de l’âge (photographes de moins de 30 ans). Les équipes qui sélectionnent les photographes changent aussi d’année en année offrant alors une approche différente. Le but étant d’avoir un groupe complet représentant tous les styles et disciplines de la photographie: art, architecture, mode, abstrait, journalisme, portraiture, paysage, etc.

Les candidates ont-elles pour obligation d’être photographes professionnelles ?
Non pas forcément, nous sélectionnons des photographes professionnelles mais aussi des photographes amateurs, issues de la génération des jeunes artistes. De nombreuses artistes sélectionnées n’ont jamais été  exposées auparavant ou ne sont encore pas reconnues professionnellement, d’autres sont assez connues, ont participé à des expositions, gagné des prix, publient régulièrement (pour des projets commerciaux ou des éditions de livres).

C’est un bon équilibre. Nous soutenons la jeune génération afin d’aider à diffuser leurs projets mais nous sommes également ravis de découvrir qu’un grand nombre de participantes ont déjà été promues et encouragées dans leur travail.

Est-ce que les procédures de sélection ont évoluées depuis 2009 ?
La prémisse et les procédures de sélection de l’exposition n’ont pas changé et nous évoluons toujours avec l’idée de promouvoir autant les sélections passées que la courante. Au début, nous étions obligés de rechercher les photographes et de les solliciter. Aujourd’hui, comme cette exposition est mieux connue, nous recevons beaucoup de candidatures.

L’exposition rassemble 30 femmes photographes. Considérez-vous le projet comme féministe ? A moins que ce terme vous paraisse négatif…
Il serait extrême de considérer le projet de féministe. Nous souhaitons juste offrir une vision innovante et plus féminine de la photographie en consacrant le travail de femmes photographes du monde entier offrant leurs visions basées sur leur expérience, accompagnées de leur sensualité, tact et finesse, innocence et sensualité, parfois féroce et provocante.

Nous souhaitions également offrir une vision plus innocente de la photographie. Conduite par l’expression, cette nouvelle génération puise son inspiration et la communique à travers ses œuvres avec pureté et absence de désillusion, à travers des portraits, arrêts sur images du quotidien, photos de paysages, d’art et d’architecture, de mode ou même encore de guerre dans un milieu traditionnellement dominé par les hommes.

Vous parlez d’ailleurs de l’autoportrait féminin comme d’un genre à lui tout seul. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? Est-ce que le genre « autoportrait masculin » existe aussi ? Serait-il plus juste de séparer le féminin et masculin dans le genre de l’autoportrait ?
Oui il serait juste de différencier le féminin du masculin dans  le genre de l’autoportrait. En effet nous avons remarqué que la photographie féminine a une plus  grande tendance à la réflexion intérieure. Il est donné plus d’attention aux détails par opposition à la forme. Elle est plus émotive que tout autre chose. Il semble y avoir une réelle histoire, par opposition à un simple récit. Nous avons ressenti cette distinction dans la voix de la poésie des femmes vis-à-vis de la poésie en général dominé par des voix masculines. C’est une sorte de libération des opprimés.

Vous décrivez très justement l’image (reprise perpétuellement dans les publicités) de l’homme photographe et de la femme modèle photographique. Cependant, ne pensez-vous pas que la photographie, au contraire peut-être de la peinture ou sculpture, a beaucoup plus évoluée vers une égalité des sexes? Surtout avec des photographes féminins célèbres et reconnues comme Annie Leibovitz, Diane Arbus ou Cindy Sherman ?
La prolifération des femmes photographes, en particulier des jeunes femmes photographes amateurs, peut être attribuée à l’évolution technologique dans la photographie numérique qui a contribué à faciliter l’accessibilité au milieu ainsi que les changements sociaux évoluant autour de l’Internet ouvrant des portes à travers la mise en réseau et le partage, tels que Flickr, et de nombreuses autres plates-formes qui participent à réduire la disparité entre femmes et hommes.

Je crois que le rôle de l’artiste femme à proprement parlé n’a pas changé, mais peut-être sur le plan social, comme les artistes féminines tendent à avoir plus d’un auditoire, leur impact a changé, et donc en partie, sans doute leur rôle.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans les photographies de cette nouvelle édition de 30 UNDER 30 ? Y-a-t-il déjà des nouvelles idées/ambitions pour l’édition 2015 ?
Nous souhaiterions développer de plus en plus de partenariats afin d’élargir nos efforts et de créer plus de visibilité. Nous nous sommes récemment associés avec LensCulture, Blow Magazine, et Kuala Lumpur Photo Awards. Le projet a également des idées concrètes, tel que s’associer avec des galeries afin de partager et d’exposer le projet parallèlement dans des lieux ainsi que de produire un catalogue regroupant les différentes éditions de 30 UNDER 30.

Site 30 Under 30

Propos recueillis par GT