The StrawCamera

Sobres, ils fabriquent un appareil avec 32.000 pailles en plastique

Ivre, un mardi soir, au café Chez Ginette, Michael Farrell s’ennuyait un peu. Il sortit alors la paille de son Campari Orange et se mit à observer, au travers de l’objet, son comparse Cliff Haynes.

Les deux se mirent à glousser, et trouvèrent ça fort rigolo. Cliff Haynes, les paupières mi-closes, s’exclama : Héé, c’est comme un apprapreil phroto! Jeu te vois dans un pti cadre! Haha. HOOO!

paille

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Sobres, et quelques jours plus tard, les deux hommes se mirent à élaborer un véritable appareil photographique constitué de pailles.

Selon le principe du sténopé (un appareil photo simplifié au possible, consistant en une boîte percée d’un trou dans laquelle est placé un support sensible à la lumière), ils entament la construction du dispositif, mais remplace le trou (l’objectif) par un amas de pailles en plastique.

Ils placent à l’arrière du boîtier, un papier sensible. Si ils avaient commencé par photographier en noir & blanc, ils préfèrent aujourd’hui l’utilisation d’un papier sensible à la couleur.

paille

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Le résultat de ces grandes images (plus de 50 cm de large) est ce à quoi on pourrait s’attendre. Il n’empêche que leur esthétique est fascinante ; comme une vue au travers d’un gros nid d’abeille, ces images sont constituées de 32.000 petits ronds, correspondants aux trous des pailles.

Les portraits réalisés avec l’étonnant dispositif se situent à la frontière de la représentation abstraite ; il ne subsistent parfois que la forme floue du visage ou du corps. Comme une sorte de pointillisme photographique, la bonne perception de sujet est tronquée et laisse d’avantage place à l’imagination.

Pour tout apprendre sur le projet de Michael Farrell et Cliff Haynes, rendez-vous sur leur site internet, strawcamera.com.

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