Anna Ehrenstein est allemande, d’origine albanaise. Dans ce pays en cours de cicatrisation post-communiste, l’Albanie, elle traque dans la rue et sur Instagram les femmes stylées qui affirment leur personnalité, leur force et leur indépendance en utilisant les accessoires de la cagolerie comme autant de pièces de leur brillante armure. Ces pièces, qu’Anna collecte et ramène en Allemagne pour les mettre en scène façon éditorial de mode, les ancrent solidement dans l’espace social : elles montrent qu’elles peuvent se les payer, et qu’elles les portent par choix personnel. Dans un quotidien hostile, elles savent montrer les griffes (strassées) et le sourire large (rose pétard). Paillettes, froufrous, fonds de teint pastel, doré, rose barbie, plumes, fourrures, vinyle, tout y est, tout est dit, tout et son contraire. Tout dans le style de ces femmes est à la fois doux et martial, et elles y performent leur propre idée du « féminin ». Car le genre, c’est ça : non pas une qualification extérieure, mais ce qui vient des émetteurs. Il suffit qu’une femme agisse pour que cette action soit féminine, et ce n’est pas un qualificatif restrictif. I’m a free bitch, baby. Tout peut être possible, il suffit d’ouvrir la boîte.
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